AIBD SA : l’intersyndicale réclame un dialogue social « sincère »
L’intersyndicale d’AIBD SA et le collège des délégués du personnel montent au créneau. Dans un communiqué publié le 4 août 2026, ils apportent une réponse aux explications fournies quelques jours plus tôt par la Direction générale, dénonçant un déficit de dialogue social, un manque de transparence et des irrégularités dans la conduite de plusieurs dossiers stratégiques de l’entreprise.
Les organisations syndicales – le SYTAC, le SYNATRACS, le SYNPAAS, le STDS ainsi que le collège des délégués du personnel – affirment vouloir rétablir les faits dans un esprit de dialogue et de respect mutuel. Elles contestent notamment le caractère « concerté » du report des élections des délégués du personnel, initialement prévues le 27 juillet 2026.
Selon elles, la Direction générale évoque une demande formulée par deux organisations syndicales majoritaires, sans toutefois préciser leur identité ni le fondement de cette représentativité. Les signataires rappellent que les dernières élections professionnelles n’ont jamais pu être menées à leur terme depuis 2021 sans l’intervention de l’Inspection du travail et soulignent que les actes administratifs ayant officialisé le report ne font aucune référence à une demande syndicale, mais uniquement à la mise en œuvre d’un plan social validé par les autorités.
Autre point de désaccord : l’Accord collectif d’entreprise (ACE). L’intersyndicale affirme que le texte présenté comme consensuel par la Direction générale n’a jamais été définitivement validé. Elle indique avoir transmis, dès janvier 2026, un document détaillant plusieurs observations et non-conformités, suivi d’une demande d’arbitrage restée sans suite. Pour les syndicats, les réserves formulées n’ont jamais été levées et l’accord ne saurait être considéré comme définitivement approuvé.
Les représentants des travailleurs dénoncent également un manque de transparence autour du plan social. Ils affirment être toujours dans l’attente d’informations essentielles, notamment sur les effectifs réels de l’entreprise, les recrutements effectués, les départs enregistrés, l’enveloppe budgétaire du plan social, les profils ciblés ainsi que l’état d’exécution des recommandations issues des États généraux des transports publics. Ils rappellent que ces revendications figurent déjà dans une plateforme transmise à la Direction générale depuis mars 2026.
L’intersyndicale critique par ailleurs ce qu’elle considère comme une gestion unilatérale de certains dossiers, citant notamment la campagne de recrutement liée à la réouverture de l’aéroport de Ziguinchor. Selon elle, les partenaires sociaux n’ont été informés qu’après le lancement des travaux du jury de sélection, illustrant, à leurs yeux, une mise à l’écart récurrente des représentants du personnel.
Estimant que les difficultés actuelles ne sont pas nouvelles, les syndicats rappellent avoir, à plusieurs reprises, alerté sur l’absence de dialogue social, le manque de communication autour des audits financier et organisationnel, ainsi que sur le report répété des élections des délégués du personnel.
Tout en réaffirmant leur disponibilité pour un dialogue « sincère, respectueux et documenté », les signataires appellent la Direction générale à communiquer l’intégralité des audits, du budget, des critères et du calendrier du plan social, à organiser sans délai un arbitrage sur les observations relatives à l’Accord collectif d’entreprise et à garantir le respect du processus électoral des délégués du personnel. Pour eux, ces conditions sont indispensables pour préserver un climat social apaisé au sein d’AiBD SA.