Débat Gadio–ambassadeur de Mauritanie : Cheikh Sidiya Diop appelle à « comprendre le débat »

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Le secrétaire général de la Ligue des Masses, Cheikh Sidiya Diop, a réagi aux échanges entre l’ancien ministre d’État et des Affaires étrangères, Cheikh Tidiane Gadio, et l’ambassadeur de la République islamique de Mauritanie au Sénégal, Mohamed Abdallahi Ould Ethmane. Dans une tribune, il estime qu’il s’agit davantage d’« un malentendu, voire d’une divergence d’approche, que d’un véritable désaccord de fond ».

« Quand l’histoire rencontre le droit international, mieux vaut comprendre le débat entre Cheikh Tidiane Gadio et l’ambassadeur de Mauritanie au Sénégal au lieu d’invectiver de tort et à travers », écrit-il en préambule de son analyse. Selon lui, les deux personnalités se sont exprimées à partir de référentiels différents : « l’un à travers la géographie historique et les liens de civilisation, l’autre à travers le droit international contemporain ».

Revenant sur les propos de Cheikh Tidiane Gadio, Cheikh Sidiya Diop explique que les références à l’Empire almoravide s’inscrivent dans « une lecture historique de longue durée » mettant en lumière les liens politiques, religieux, culturels et commerciaux qui ont uni, au fil des siècles, la Mauritanie, le Maroc et une partie de l’actuel Sénégal.

À ses yeux, « Cheikh Tidiane Gadio ne soutient nullement l’existence d’une prétendue frontière entre le Maroc et le Sénégal ». Il ajoute que l’ancien chef de la diplomatie sénégalaise « rappelle simplement qu’à certaines périodes de l’histoire, des espaces aujourd’hui séparés par des frontières internationales ont appartenu à un même ensemble politique ».

Concernant la position de l’ambassadeur mauritanien, l’auteur de la tribune estime qu’elle est fondée sur le droit international. « Depuis les indépendances, le seul État souverain séparant le Maroc du Sénégal est la Mauritanie. Cette affirmation est juridiquement fondée », souligne-t-il.

Cheikh Sidiya Diop rappelle que le principe de l’uti possidetis juris, consacré par l’Organisation de l’unité africaine en 1964, garantit le maintien des frontières héritées de la colonisation. Il souligne également que, malgré la crise sénégalo-mauritanienne de 1989, « la frontière internationale n’a jamais été remise en cause sur le plan juridique ».

Pour lui, « ni la Mauritanie ni le Sénégal ne peuvent aujourd’hui revendiquer un territoire de l’autre en se fondant sur des frontières historiques, qu’il s’agisse de l’Empire almoravide ou du royaume du Tekrour ». Il estime que « le droit international reconnaît les frontières issues des indépendances et protège leur stabilité ».

Le secrétaire général de la Ligue des Masses appelle à privilégier une lecture complémentaire de l’histoire et du droit. « L’histoire éclaire les liens entre les peuples ; le droit international, lui, organise les relations entre les États. Les deux approches ne sont pas contradictoires : elles sont complémentaires », conclut-il, plaidant pour un dialogue serein entre le Sénégal, la Mauritanie et le Maroc.

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