Diomaye-Macky…un soutien qui «scandalise» les partisans de la rupture

À la tribune de la 81ᵉ Assemblée générale des Nations Unies à New York, la diplomatie sénégalaise a pris une tournure aussi inattendue que retentissante. En renouvelant l’appui officiel du Sénégal à la candidature de son prédécesseur Macky Sall pour le poste de Secrétaire général de l’ONU, le président Bassirou Diomaye Faye a posé un acte républicain d’une portée politique considérable. Le chef de l’État a publiquement plaidé pour la nécessité de placer un leadership africain chevronné à la tête de la gouvernance mondiale, dans un contexte de crises géopolitiques majeures.

FB IMG 1790300618220

En faisant le choix de porter ce dossier au plus haut niveau international, Bassirou Diomaye Faye s’inscrit dans une tradition républicaine rigoureuse. Il rappelle ainsi que la diplomatie sénégalaise s’exerce au nom de la continuité de la Nation, au-dessus des passions partisanes. Pour la nouvelle administration, positionner un compatriote à la magistrature suprême des Nations Unies constituerait une victoire diplomatique majeure pour Dakar et pour l’ensemble du continent.

Cette démarche a immédiatement suscité une réaction d’apaisement de la part de l’ancien chef de l’État. Par le biais de ses canaux officiels, Macky Sall a rendu hommage au geste du président de la République. Il a exprimé sa profonde gratitude pour ce parrainage d’État, saluant un acte républicain élevé qui honore la tradition démocratique du Sénégal et renforce l’unité des positions africaines.

Interpellé par la presse internationale sur les doutes émis par certains observateurs quant aux chances de succès de cette démarche, Bassirou Diomaye Faye s’est inscrit en faux contre tout scepticisme. S’appuyant sur le réalisme géopolitique, le président a mis en avant l’expérience de son prédécesseur à la tête de l’Union africaine comme un atout déterminant pour porter la voix du continent dans la restructuration du système multilatéral.

Screenshot 20240708 093715
Le collectif des «victimes de Macky»

Cependant, si la manœuvre est saluée dans les salons diplomatiques pour sa hauteur de vue, elle provoque une onde de choc violente sur l’échiquier politique interne. Pour une frange importante de la base politique du pouvoir et les partisans d’une rupture systémique, l’octroi de ce parrainage suscite une incompréhension profonde. Ces voix critiques pointent la difficulté de concilier la rigueur d’une diplomatie d’État et le discours de changement porté devant les électeurs.

La contestation la plus vive provient des organisations de la société civile et du Collectif des victimes des événements politiques survenus entre 2021 et 2024. Pour ces acteurs engagés dans la quête de vérité, le soutien diplomatique offert à l’ancien président apparaît comme une contradiction cuisante avec les engagements de reddition des comptes et de justice réclamés à l’encontre de l’ancienne administration.

Conscient de la gravité du malaise, l’entourage présidentiel s’emploie à opérer une distinction stricte entre le champ diplomatique international et l’action judiciaire interne. Selon les soutiens du président, ce parrainage relève exclusivement de la raison d’État et n’empiète en rien sur la souveraineté de la justice sénégalaise, qui demeure totalement indépendante pour traiter les dossiers de gouvernance locale et les plaintes en cours.

FB IMG 1784564014300

Au-delà des remous domestiques, la course au Secrétariat général de l’ONU reste une traversée diplomatique complexe, soumise au filtre impitoyable du Conseil de sécurité et au droit de veto de ses membres permanents. Les démarches engagées à New York par la délégation sénégalaise visent ainsi à tester la réceptivité réelle des grandes puissances mondiales face à cette candidature nationale.

Quoi qu’il en soit, cet épisode marque un tournant dans la conduite de la transition politique sénégalaise. Alors que les autorités entendent réaffirmer le rôle moteur du Sénégal dans la diplomatie africaine, le débat passionné qui enflamme Dakar démontre toute la difficulté d’équilibrer la continuité des engagements internationaux de la République avec l’exigence de justice exprimée par le peuple.

 

La rédaction de Xibaaru

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *