Duel Pastef–Kiiraay : Abdourahmane Sarr appelle à préserver la stabilité des institutions
Alors que le paysage politique sénégalais semble se diriger vers une confrontation entre le Pastef d’Ousmane Sonko et Kiiraay – Les Patriotes Républicains du président Bassirou Diomaye Faye, l’ancien ministre Abdourahmane Sarr invite les acteurs politiques à privilégier la responsabilité et l’intérêt général.
Dans une contribution publiée après le lancement du nouveau parti présidentiel, Abdourahmane Sarr a livré son analyse sur la nouvelle configuration politique du pays. L’ancien ministre de l’Économie, du Plan et de la Coopération appelle à une « responsabilité collective » afin de préserver la stabilité des institutions jusqu’aux prochaines échéances électorales.
Sa réflexion part d’un message délivré par le porte-parole du Khalife général des Mourides lors de la visite du chef de l’État à Touba, appelant à éviter le « fëtël » et à privilégier la « nguurma ». Des concepts que l’ancien ministre associe à une certaine conception de l’exercice du pouvoir et de la démocratie.
S’inspirant notamment de la pensée de la philosophe Simone Weil sur les dérives possibles des partis politiques, Abdourahmane Sarr rappelle que les formations politiques restent indispensables au fonctionnement démocratique, mais qu’elles ne doivent pas devenir des structures qui enferment la pensée individuelle.
« Les partis politiques sont des instruments indispensables de la conquête démocratique du pouvoir. Mais une fois le pouvoir conquis, leur rôle change », écrit-il.
Selon lui, un président élu doit pouvoir gouverner conformément au projet présenté aux citoyens, tout en veillant à préserver l’intérêt général. Il estime que la dérive intervient lorsque « les intérêts du parti prennent le pas sur ceux de la Nation » ou lorsque les citoyens sont traités différemment selon leur proximité politique.
Pour Abdourahmane Sarr, la notion de « nguurma » renvoie à une forme de noblesse dans l’exercice du pouvoir, fondée sur « la hauteur d’État, l’impartialité et le sens de l’intérêt général ».
L’ancien ministre considère que le Sénégal traverse une période politique inédite, marquée par l’émergence de deux grands pôles issus d’une même victoire électorale. Une situation qui, selon lui, appelle à davantage de responsabilité de la part des acteurs politiques, mais aussi des citoyens et des observateurs.
« La liberté de jugement est une exigence démocratique. Elle est indispensable à ceux qui gouvernent comme à ceux qui éclairent le débat public », souligne-t-il.
Concernant les prochaines élections, Abdourahmane Sarr estime qu’elles permettront aux Sénégalais de trancher entre les différentes offres politiques. En attendant, il appelle à maintenir un climat favorable au fonctionnement des institutions et à un débat démocratique respectueux.
Pour l’ancien ministre, l’avenir du débat politique sénégalais pourrait progressivement se déplacer des questions idéologiques vers celles liées à la personnalité des dirigeants, leur crédibilité, leur expérience et leur capacité à incarner une vision.
Concluant sa réflexion, Abdourahmane Sarr réaffirme son attachement au principe « Moom sa bopp, menel sa bopp », qu’il présente comme une philosophie de responsabilité, de liberté de jugement et de confiance dans les capacités individuelles au service de la Nation.