Grand Magal de Touba : Les Baye Fall mobilisés pour traquer les dérives sur les réseaux sociaux
À moins de 72 heures du Grand Magal de Touba, le comité d’organisation affiche un niveau de préparation largement satisfaisant avec plus de 95 % des actions prévues déjà exécutées. Si les derniers réglages concernent principalement les aspects logistiques, les organisateurs placent cette année la préservation de la sacralité de la ville sainte au cœur de leurs priorités. Un dispositif de veille inédit, assuré notamment par les Baye Fall, a été déployé pour lutter contre les contenus jugés contraires aux valeurs du Magal.
Réuni en conférence de presse, le comité d’organisation du Grand Magal de Touba a dressé un bilan encourageant de l’état d’avancement des préparatifs. En présence de plusieurs responsables religieux, le président de la Commission culture et communication, Serigne Cheikh Abdou Lahad Mbacké Gaïndé Fatma, a indiqué que plus de 95 % des 137 points inscrits dans le plan d’action avaient déjà été réalisés, à quelques jours de la célébration.
Au-delà des aspects logistiques, les organisateurs ont insisté sur un enjeu devenu majeur : la protection de l’image du Magal et le respect de la sacralité de Touba face à la multiplication de contenus diffusés sur les médias et les réseaux sociaux.
Pour répondre à cette préoccupation, une cellule de veille composée de 28 personnes a été mise en place. Sa mission consiste à assurer une surveillance permanente des plateformes numériques afin de détecter rapidement toute publication jugée attentatoire aux valeurs du Magal ou à la réputation de la cité religieuse.
Selon Serigne Cheikh Abdou Lahad Mbacké Gaïndé Fatma, cette initiative s’inscrit dans les recommandations formulées par le Khalife général des Mourides. « Les Baye Fall sont là pour veiller sur cela. Nous avons une équipe qui travaille 24 h/24 pour signaler toutes les dérives constatées sur le terrain », a-t-il déclaré.
Les Baye Fall sont ainsi mobilisés en continu pour identifier les auteurs et diffuseurs de contenus inappropriés, chaque signalement devant être transmis aux responsables afin que les mesures nécessaires soient prises.
Le comité précise toutefois privilégier la sensibilisation plutôt que la répression. Depuis plusieurs semaines, une campagne est menée auprès des créateurs de contenus afin de promouvoir une communication respectueuse des valeurs du Magal. Certains influenceurs seront d’ailleurs associés au dispositif organisationnel pour accompagner cette démarche de prévention.
À ce stade, les organisateurs indiquent qu’aucun incident majeur n’a été enregistré. Ils préviennent néanmoins que toute atteinte à la sacralité du Magal fera l’objet d’une réponse ferme.
Sur le plan des infrastructures, l’approvisionnement en eau demeure le principal défi. Des postes avancés ont été installés dans plusieurs quartiers pour permettre aux habitants de constituer des réserves avant l’arrivée massive des pèlerins. De nouveaux forages sont venus renforcer les 45 déjà en service, tandis que des opérations de réparation des fuites ont été engagées.
Malgré ces efforts, le comité reconnaît que les capacités actuelles restent insuffisantes face à l’afflux de près de sept millions de fidèles attendus en seulement quarante-huit heures. « Quelle que soit la volonté des autorités, le gap subsiste. Il faut des investissements conséquents pour résoudre définitivement ce problème », a plaidé Serigne Cheikh Abdou Lahad Mbacké Gaïndé Fatma.
Les responsables ont également évoqué les travaux d’assainissement en cours, estimés à 15 milliards de francs CFA, tout en regrettant leur démarrage tardif, qui a perturbé la circulation à l’approche du Magal. Ils recommandent désormais que les futurs chantiers soient lancés dès le mois de novembre et achevés au moins un mois avant l’événement.
Enfin, le comité a rappelé que le Grand Magal dépasse largement sa dimension spirituelle. S’appuyant sur une étude réalisée sur trois ans, Serigne Cheikh Abdou Lahad Mbacké Gaïndé Fatma estime que cet événement représente un important levier économique, susceptible de générer plus de 100 000 emplois si les opportunités qu’il offre sont pleinement exploitées. Il a ainsi appelé les investisseurs et les entrepreneurs à développer des activités industrielles à Touba, Mbacké et dans la région de Diourbel afin de transformer les besoins liés au pèlerinage en véritable moteur de développement économique.