Auditions parlementaires : Amadou Gueye met en garde contre les tentations de censure

WhatsAppX

Amadou Gueye, président de l’Union nationale des indépendants du Sénégal (UNIS), prend position dans le débat sur la retransmission des auditions des commissions parlementaires et la liberté d’expression. Il appelle à laisser les Sénégalais entendre les différents points de vue et se forger librement leur propre opinion, mettant en garde contre ce qu’il considère comme une volonté de censure de la part de certains acteurs de la presse et de la société civile.

Dans sa tribune, Amadou Gueye estime que la diffusion des auditions parlementaires permet aux citoyens d’être directement informés sur des affaires publiques parfois opaques. Il rappelle toutefois que le caractère opaque de ces dossiers ne signifie pas que les personnes entendues sont coupables, tout en soulignant l’importance de leurs témoignages dans l’établissement des responsabilités.

Le président de l’UNIS considère que les députés qui conduisent ces auditions ne sont pas nécessairement impartiaux, notamment en raison de leurs appartenances politiques. Selon lui, les questions partisanes font partie des réalités de l’exercice parlementaire et ne devraient pas, à elles seules, justifier la remise en cause de la publicité des débats. Il estime également que les acteurs politiques aujourd’hui entendus pourront, à leur tour, être amenés à s’expliquer dans le cadre de futures auditions.

Pour Amadou Gueye, la polarisation suscitée par ces séances ne doit pas empêcher les citoyens d’accéder aux témoignages et de se faire leur propre opinion. Il considère que cette possibilité d’entendre les différentes parties constitue un élément essentiel du fonctionnement démocratique.

Le président de l’UNIS élargit ensuite son propos au débat sur l’immigration et les discours nationalistes. Il défend le droit des Sénégalais d’aborder ces questions et d’exprimer leurs opinions sur leur pays, tout en dénonçant les tentatives de disqualification de certaines prises de parole par des accusations de xénophobie ou de discours haineux.

Selon lui, les opinions controversées ne doivent pas être systématiquement écartées de l’espace public. Il estime que le débat permet aussi de mettre en évidence les excès et les contradictions de certains discours, laissant aux citoyens la possibilité de les apprécier et de les condamner.

Amadou Gueye critique par ailleurs le rôle de certains acteurs de la presse et de la société civile, qu’il accuse de vouloir déterminer les opinions pouvant être exprimées ou entendues. À ses yeux, ces deux composantes de la vie publique devraient avant tout défendre la liberté de parole et d’écriture, plutôt que de se positionner en arbitres du débat public.

« La haine commence par le droit qu’on se donne de retirer le droit qu’on a, aux autres », affirme-t-il, en insistant sur la nécessité de préserver la liberté d’expression pour tous, y compris pour ceux dont les opinions suscitent des désaccords.

Le président de l’UNIS met en garde contre une liberté d’expression accordée de manière sélective, en fonction des intérêts du moment. Il estime que les restrictions imposées aujourd’hui à certains discours pourraient demain être utilisées contre ceux qui les défendent actuellement.

Pour Amadou Gueye, la démocratie repose sur la possibilité pour les citoyens d’entendre les arguments contradictoires et de se prononcer librement. Il appelle ainsi la presse et la société civile à préserver leur rôle de défenseurs des libertés plutôt que de chercher à décider à la place des Sénégalais ce qu’ils peuvent ou non entendre.

Nos Exclusivités du jour

Par la rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *