Baba Aïdara charge Juan Branco : « Réclamer à l’étranger ce qu’on refuse de trancher chez soi »

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Dans une tribune consacrée aux déclarations de Juan Branco sur la procédure visant l’ancien président sénégalais Macky Sall devant la justice française, le journaliste d’investigation Baba Aïdara critique la démarche de l’avocat franco-espagnol. Il lui reproche notamment d’annoncer une issue judiciaire avant que la Cour de cassation française ne se prononce et de réclamer à l’étranger des décisions qui, selon lui, pourraient être prises au Sénégal.

Baba Aïdara réagit à la déclaration de Juan Branco selon laquelle Macky Sall ne deviendra pas secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU). Pour le journaliste, cette affirmation repose sur l’avis d’un conseiller rapporteur dont l’avocat est la source, alors que la Cour de cassation n’a pas encore rendu sa décision définitive. « Un tribun qui annonce l’issue d’un procès qui n’a pas eu lieu ne défend pas la justice : il la devance », estime-t-il.

Le journaliste conteste également l’affirmation de Juan Branco selon laquelle aucune enquête sérieuse n’aurait été menée au Sénégal sur les violences survenues entre 2021 et 2024. Il rappelle que, selon les éléments qu’il avance, le parquet de Dakar a entendu 166 victimes et témoins et que cinq personnes ont été inculpées pour crime contre l’humanité. Il considère que ces éléments doivent être pris en compte dans le débat sur la compétence des juridictions nationales et internationales.

Dans sa tribune, Baba Aïdara met aussi en cause les choix politiques des alliés de Juan Branco au Sénégal. Il souligne que des députés ont adopté une loi d’interprétation de l’amnistie par 126 voix sur 165, alors que, selon lui, une abrogation de cette loi avait auparavant été annoncée.

Il s’interroge dès lors sur la pertinence des appels adressés à la France et à la Cour pénale internationale (CPI), alors que les responsables politiques concernés disposent, selon lui, de leviers d’action au niveau national. « Réclamer à l’étranger ce qu’on refuse de trancher chez soi, cela s’appelle de la communication », écrit-il.

Le journaliste reproche enfin à l’avocat de placer sa propre personne au centre de ses prises de parole, au détriment des victimes. Il estime que leur défense exige un dossier solide et un travail judiciaire rigoureux, plutôt qu’une confrontation publique.

Baba Aïdara appelle Juan Branco à laisser la justice suivre son cours et à demander à ses alliés politiques sénégalais d’assumer leurs responsabilités au niveau national. Une prise de position qui remet au centre du débat les responsabilités des autorités sénégalaises, la portée de la procédure évoquée en France et la place des victimes dans la recherche de justice.

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Par la rédaction

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