Invité ce dimanche 11 octobre 2026 de l’émission « Jury du Dimanche » (JDD) sur iRadio, l’ancien président du conseil d’administration de la Sonacos, Youssou Diallo, a analysé la crise politique qui secoue l’ancienne majorité présidentielle. Il est notamment revenu sur le silence d’Ousmane Sonko depuis son départ de la Primature, les choix politiques de Bassirou Diomaye Faye et les tensions qui traversent Pastef.
Pour Youssou Diallo, le silence observé par Ousmane Sonko pourrait traduire une volonté de faire le bilan de son passage à la tête du gouvernement. « Aujourd’hui, peut-être qu’il est en train d’évaluer tout le parcours qu’il y a eu depuis qu’il a été Premier ministre jusqu’à son limogeage », a-t-il déclaré.
L’ancien PCA de la Sonacos décrit un responsable politique spontané et réactif qui serait désormais amené à mesurer les conséquences de ses relations avec le chef de l’État. Il évoque également les appels à la réconciliation lancés par certains cadres de Pastef, qu’il interprète comme un signe d’inquiétude au sein de la formation politique.
« On ne peut pas avoir joué un rôle essentiel dans la conquête du pouvoir et, deux ans à peine après, se retrouver dans l’opposition », souligne-t-il, en référence aux conséquences politiques d’une éventuelle rupture entre les deux hommes.
De son côté, Bassirou Diomaye Faye a choisi, selon Youssou Diallo, d’investir le terrain politique plutôt que de mobiliser l’appareil d’État pour régler son différend avec Ousmane Sonko. L’invité du JDD voit dans cette démarche la marque d’un « redoutable politicien ».
Il situe également l’accélération des tensions dans la réorganisation du mouvement Diomaye Président, notamment marquée par le remplacement d’Aïda Mbodj par Aminata Touré, un épisode qui, selon son analyse, illustre l’aggravation des divergences entre les deux responsables.
Youssou Diallo rejette le terme de « cohabitation » pour décrire la situation actuelle. Il préfère parler d’une opposition apparue au sein même de la majorité qui avait remporté l’élection présidentielle de 2024. Il affirme avoir plaidé depuis plus d’un an pour une clarification au sommet de l’exécutif, estimant que cette rivalité ne pouvait se prolonger sans fragiliser l’État.
Le départ d’Ousmane Sonko de la Primature ouvre, selon lui, une nouvelle séquence politique marquée par des incertitudes. À l’Assemblée nationale, le leader de Pastef ne dispose plus des mêmes prérogatives que lorsqu’il dirigeait l’action gouvernementale, tandis que son parti fait face à des tiraillements internes.
Pour Youssou Diallo, Pastef, qui avait atteint des sommets de popularité, traverse désormais une profonde fracture dont l’ampleur devra être mesurée lors des prochaines échéances électorales. Il souligne également que la perte des responsabilités et des avantages liés au pouvoir peut modifier les comportements et les alliances politiques.
Alors que le silence d’Ousmane Sonko continue de susciter des interrogations, l’ancien PCA de la Sonacos s’interroge sur la suite de son positionnement politique : repositionnement stratégique ou confrontation ouverte avec Bassirou Diomaye Faye ? Pour lui, l’évolution des rapports de force au sein de cette ancienne majorité sera déterminante pour l’avenir de la scène politique sénégalaise.



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