Crise de l’électricité : Thierno Alassane Sall interpelle les autorités sur la situation du secteur

WhatsAppX

Le député et président de la République des Valeurs, Thierno Alassane Sall, a consacré une partie de sa conférence de presse de ce dimanche 27 septembre 2026 à la crise actuelle de l’électricité au Sénégal. Il estime que les difficultés du secteur peuvent notamment éclairer les divergences apparues entre le président Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko.

Selon l’ancien ministre de l’Énergie, la situation actuelle contraste avec celle de 2023. Il rappelle qu’à cette période, le Sénégal exportait de l’électricité vers plusieurs pays voisins, notamment la Guinée, la Gambie et la Mauritanie.

Thierno Alassane Sall affirme qu’en 2026, la situation s’est inversée et que le Sénégal importe aujourd’hui jusqu’à 200 mégawatts d’électricité depuis la Guinée. « Ceux à qui on vendait du courant nous vendent aujourd’hui du courant », a-t-il relevé.

Pour le leader de la République des Valeurs, cette évolution doit susciter des interrogations sur les décisions prises en matière d’investissements et de production d’électricité.

Thierno Alassane Sall estime également que les difficultés pourraient s’accentuer avec l’arrivée du mois d’octobre, période qu’il présente comme particulièrement chaude et durant laquelle la demande en électricité pourrait augmenter.

Il souligne qu’actuellement, la panne d’un seul groupe de production peut perturber l’alimentation électrique de toute la capitale.

L’ancien ministre de l’Énergie a également évoqué le coût de fonctionnement de certaines installations. Selon lui, une centrale pourrait consommer jusqu’à un milliard de francs CFA de carburant par jour, avec un coût de production situé autour de 240 francs CFA le kilowattheure.

Il est également revenu sur les difficultés rencontrées par la centrale flottante, notamment au niveau de son système de surpression.

Sur la question d’un éventuel sabotage, Thierno Alassane Sall écarte cette hypothèse. « Ce n’est pas du sabotage », affirme-t-il, appelant plutôt les autorités à expliquer aux Sénégalais comment le pays, qui disposait auparavant d’un niveau de production suffisant, en est arrivé à importer de l’électricité.

Ces déclarations interviennent alors que des perturbations de la fourniture électrique ont récemment été signalées dans plusieurs localités. De son côté, le directeur général de la Senelec, Papa Toby Gaye, avait expliqué les perturbations par plusieurs incidents techniques, notamment l’indisponibilité d’environ 200 MW au niveau de Karpowership, combinée à une forte demande sur le réseau.

Thierno Alassane Sall a également élargi son propos à l’accès à l’électricité dans les zones rurales. Il affirme que 40 % des localités n’ont jamais eu accès à l’électricité.

Selon lui, il ne s’agit donc pas, dans ces cas, de coupures d’une heure, d’un jour ou d’un mois, mais de populations qui n’ont jamais bénéficié du courant.

Le député souligne également les conséquences de cette situation sur l’accès à l’eau, certaines localités dépendant de machines électriques pour faire fonctionner leurs installations hydrauliques. Il affirme que des habitants seraient ainsi obligés de parcourir jusqu’à 10 kilomètres pour trouver de l’eau.

Thierno Alassane Sall indique avoir constaté cette situation lors d’un déplacement dans le monde rural moins de dix jours avant sa conférence de presse. Il évoque également les difficultés rencontrées par les enfants de ces zones pour étudier, comparant leurs conditions d’apprentissage à celles des enfants vivant dans les centres urbains.

Il a enfin évoqué la situation des femmes, dont certaines seraient, selon lui, particulièrement affectées par leurs conditions de vie.

Pour le président de la République des Valeurs, les populations rurales contribuent elles aussi au financement du système électrique national. « Ces gens font partie de ceux qui payent pour la disponibilité de l’électricité dans le pays », a-t-il déclaré, rappelant que chaque Sénégalais contribue au financement du secteur.

Thierno Alassane Sall estime ainsi qu’il est légitime que les populations qui n’ont toujours pas accès à l’électricité puissent également en bénéficier. Il appelle, dans ce contexte, à des explications sur la situation actuelle du secteur ainsi que sur les décisions prises en matière de production, d’investissement et d’approvisionnement en électricité.

Nos Exclusivités d’hier

Par la rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *