Deux responsables du ministère de la Santé, Pape Abdourahmane D., gestionnaire à la Direction des ressources humaines, et Alioune S., adjoint au chef de la division Formation initiale, ont été placés en garde à vue par la Division des investigations criminelles (DIC). Ils sont poursuivis pour association de malfaiteurs, détournement de deniers publics, faux et usage de faux, ainsi que blanchiment de capitaux.
Entre avril 2021 et juillet 2026, les deux cadres auraient détourné près de 390 millions de francs CFA en manipulant le dispositif de paiement des allocations de stage destinées aux étudiants en septième année de Médecine. Ces allocations, versées via Orange Money à raison de 240 000 francs CFA tous les quatre mois, auraient été redirigées vers des numéros de téléphone appartenant à des proches des mis en cause. Ces derniers, utilisés comme intermédiaires, retiraient les fonds avant de les remettre aux deux cadres.
Selon Libération, la supercherie a été mise au jour par M. Bitèye, gestionnaire à la DRH depuis juin 2025. Alerté par de multiples réclamations d’étudiants, il a sollicité auprès d’Orange Finance Mobile Sénégal les relevés de paiement entre 2021 et 2025. Les documents transmis révélaient des anomalies flagrantes : plusieurs numéros ne correspondaient pas aux bénéficiaires légitimes, et certains appartenaient directement aux deux cadres incriminés.
Suite à la plainte déposée par le ministère, l’enquête de la DIC a confirmé les soupçons. Les deux fonctionnaires ont reconnu avoir perçu directement des sommes importantes : 81,4 millions de francs CFA pour Pape Abdourahmane D. et 12,2 millions pour Alioune S. Ils affirment avoir utilisé une partie des fonds pour des « actions sociales » dans leurs localités, ainsi que pour couvrir certaines dépenses de fonctionnement du ministère. Toutefois, incapables de fournir des justificatifs, leurs arguments n’ont pas convaincu les enquêteurs.
Lors des confrontations, les proches impliqués ont confirmé avoir reversé intégralement les montants reçus aux deux cadres. Ces déclarations renforcent les charges retenues contre eux, alors que l’enquête se poursuit pour déterminer l’ampleur exacte du détournement et ses ramifications.