Dans une déclaration consacrée à la gestion de la dette publique, la Coalition des Cadres de la Majorité Présidentielle prend position en faveur de la démarche engagée par le gouvernement sénégalais. Tout en reconnaissant la légitimité du débat sur la dette et les exigences de transparence, les signataires dénoncent ce qu’ils considèrent comme une politisation excessive du sujet et défendent le Plan de traitement de la dette du Sénégal (PTDS).
La question de la dette publique continue d’alimenter le débat politique et économique au Sénégal. Dans une déclaration, la Coalition des Cadres de la Majorité Présidentielle, regroupant universitaires, experts, cadres et acteurs économiques, entend apporter sa réponse à la tribune récemment signée par 191 universitaires proches du PASTEF.
« La question est légitime, personne ne le conteste. Mais parce qu’elle touche à l’avenir de notre nation, nous ne pouvons pas nous contenter de slogans ou de postures », soutiennent les signataires, qui estiment que les Sénégalais attendent « de la rigueur, des chiffres et le sens des responsabilités ».
Les cadres de la majorité saluent notamment la présentation, le 1er septembre 2026, du Plan de traitement de la dette du Sénégal par le gouvernement. Selon eux, cette démarche vise à réduire le poids de la dette, restaurer des marges de manœuvre budgétaires et permettre à l’État de consacrer davantage de ressources aux secteurs prioritaires.
Pour étayer leur position, ils mettent en avant plusieurs indicateurs relatifs aux finances publiques. « Le FMI estimait notre dette publique à 132 % du PIB à fin 2024 », rappellent-ils, tout en soulignant que le Sénégal aurait continué à honorer ses engagements financiers.
La coalition attire également l’attention sur le poids du service de la dette. Selon les chiffres cités dans leur déclaration, les intérêts et commissions de la dette devraient représenter 1 190,6 milliards de FCFA dans le budget 2026, soit environ 25 % des recettes fiscales, pour une hausse de 258,5 milliards de FCFA par rapport à 2025.
Pour les signataires, ces données justifient une intervention rapide. « L’inaction, dans ce contexte, n’est pas une option. Ce serait même la pire des décisions », estiment-ils, considérant que l’État doit simultanément réduire le déficit, maîtriser la dette et préserver la croissance économique.
Les cadres de la majorité mettent par ailleurs en avant l’évolution du déficit budgétaire, qu’ils situent à 13,4 % du PIB en 2024 contre 6,4 % en 2025. Ils évoquent également une croissance réelle de 6,5 % en 2024 et de 6,7 % en 2025, tout en reconnaissant que les projections pour 2026 ont été revues à la baisse, à 2,7 %, en raison des chocs récents.
La déclaration insiste ensuite sur une distinction entre « traitement » et « restructuration » de la dette. Les signataires reprochent aux 191 universitaires de présenter ces deux notions comme équivalentes. « Ils confondent allègrement traitement et restructuration, comme si les deux mots étaient synonymes. Ils ne le sont pas », affirment-ils.
Selon eux, le Plan de traitement constitue avant tout une stratégie destinée à réduire les vulnérabilités financières du pays et à restaurer ses marges de manœuvre. Ils rappellent également que le FMI, dans son communiqué du 1er septembre 2026, a utilisé la notion de « traitement de la dette » en évoquant l’intention des autorités sénégalaises de solliciter une telle opération.
« Ce n’est pas une restructuration décidée unilatéralement. C’est un processus, une négociation, une recherche de solutions », soutiennent les cadres, qui appellent à éviter les discours susceptibles, selon eux, d’alimenter la peur autour de la situation financière du pays.
La Coalition rejette par ailleurs l’idée selon laquelle le gouvernement aurait abandonné une partie de sa souveraineté au profit du FMI. Elle estime que le recours à l’institution financière internationale ne signifie pas une perte de capacité de décision pour l’État sénégalais.
« La souveraineté, ce n’est pas refuser toute négociation. C’est négocier dans l’intérêt du peuple et garder le dernier mot », déclarent-ils. Les signataires insistent notamment sur le fait que les opérations spécifiques relatives à la dette relèvent, selon leur lecture du communiqué du FMI, de la décision souveraine du Sénégal.
Pour ces cadres, la véritable souveraineté économique passe également par le renforcement des ressources internes du pays. Ils citent notamment une meilleure mobilisation fiscale, le développement d’une économie productive, une orientation plus efficace de l’épargne nationale et une gestion plus rigoureuse des finances publiques.
La déclaration reconnaît toutefois que certaines interrogations soulevées par les 191 universitaires sont légitimes. « La transparence, la responsabilité, la protection des populations… Ce sont des sujets importants », admettent les signataires. Ils contestent cependant ce qu’ils considèrent comme une transformation de ces préoccupations en « procès politique » contre la stratégie actuelle du gouvernement.
Sur la question des responsabilités liées à la situation financière du pays, les cadres de la majorité estiment que les déséquilibres du passé doivent être établis, tout en appelant à éviter que cette démarche ne paralyse l’action publique. « Nous devons reconnaître les erreurs du passé sans condamner l’avenir. Demander des comptes sans bloquer l’action publique », plaident-ils.
La Coalition affirme ainsi soutenir la démarche engagée par le gouvernement. « Nous, Cadres de la Coalition de la Majorité Présidentielle, soutenons clairement la démarche engagée par le Gouvernement », déclarent les signataires, pour qui le traitement de la dette doit contribuer à restaurer la confiance et la soutenabilité des finances publiques.
Ils appellent par ailleurs à dépasser les clivages politiques autour de cette question. « La dette n’appartient ni au Gouvernement, ni à l’opposition, ni à un parti. Elle appartient au peuple sénégalais », affirment-ils, estimant que la gestion de cette dette doit être abordée avec « responsabilité, sans démagogie, sans instrumentalisation ».
Les signataires mettent enfin en avant les atouts dont dispose le Sénégal, notamment ses ressources naturelles, son capital humain, son secteur privé, sa diaspora ainsi que ses potentiels agricole, industriel et énergétique.
« Nous devons sortir de la dette par la croissance, de la vulnérabilité par la production, de la dépendance par la transformation structurelle de notre économie », soutiennent-ils.
Les cadres de la majorité appellent à privilégier les solutions concrètes plutôt que les affrontements politiques. « Le Sénégal n’a pas besoin de slogans. Il a besoin de solutions. Le Sénégal n’a pas besoin de peur. Il a besoin de confiance. Le Sénégal n’a pas besoin d’un procès permanent. Il a besoin d’une stratégie », écrivent-ils.
Les signataires concluent leur déclaration par un appel à soutenir le traitement de la dette, à renforcer la production nationale et à accélérer la transformation économique du Sénégal sous le leadership du président Bassirou Diomaye Faye.



Laisser un commentaire