Emploi au Sénégal…l’épineuse question qui résiste au régime de Diomaye

Le marché du travail sénégalais reste confronté à d’importantes difficultés, malgré les ambitions affichées par le régime de Bassirou Diomaye Faye en matière de souveraineté économique et d’insertion professionnelle. Selon les données de l’Agence nationale de la statistique et de la démographie (ANSD) du deuxième trimestre 2026, le recul du taux d’emploi, la prédominance du travail indépendant et la progression du nombre de jeunes sans emploi, ni études ni formation mettent en évidence l’ampleur du défi qui attend les autorités.

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La question de l’emploi demeure un dossier majeur pour le régime de Bassirou Diomaye Faye. Arrivé au pouvoir avec la promesse d’une rupture systémique et d’une souveraineté économique inclusive, l’exécutif doit faire face aux difficultés persistantes du marché du travail. La note d’information de l’Enquête nationale sur l’emploi au Sénégal (ENES), publiée par l’ANSD pour le deuxième trimestre 2026, met en lumière des indicateurs qui témoignent des obstacles rencontrés par une partie de la population pour accéder à une activité professionnelle.

Le taux de participation au marché du travail est passé de 56,5 % au deuxième trimestre 2025 à 55,9 % à la même période en 2026, soit une baisse de 0,6 point. Le taux d’emploi a également reculé, s’établissant à 41,4 %, contre 41,7 % un an auparavant. Ces évolutions soulignent les difficultés persistantes du marché du travail à offrir des opportunités à la population en âge de travailler.

La nature des emplois occupés constitue une autre préoccupation. Au deuxième trimestre 2026, la part de l’emploi salarié s’établit à 41 %, contre 42,6 % un an plus tôt. À l’inverse, le travail indépendant représente 60,8 % des personnes occupées. Cette prédominance traduit le poids des activités exercées pour compte propre dans l’économie sénégalaise, alors que l’accès à l’emploi salarié reste un enjeu important.

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Sur le front du chômage, le taux au sens élargi atteint 19,1 % au deuxième trimestre 2026, contre 19 % à la même période en 2025. Le taux de chômage au sens strict du Bureau international du travail (BIT) ressort, quant à lui, à 3,2 %. Ces deux indicateurs offrent des mesures différentes du chômage, le premier permettant notamment de prendre en compte une partie des personnes disponibles pour travailler qui ne remplissent pas les critères stricts de recherche d’emploi.

Les disparités territoriales et de genre accentuent les difficultés. En milieu rural, le taux de chômage au sens élargi atteint 29,2 %, contre 12,6 % en zone urbaine. Les femmes sont également davantage touchées, avec un taux de chômage de 30,2 %, contre 10,7 % chez les hommes. Leur taux d’emploi s’établit à 30,8 %, mettant en évidence les difficultés particulières auxquelles elles sont confrontées sur le marché du travail.

La situation des jeunes constitue l’un des principaux défis pour le gouvernement. Chez les personnes âgées de 15 à 34 ans, le taux d’emploi s’établit à 30,6 %, contre 57,7 % chez les adultes. Cet écart illustre les difficultés d’insertion professionnelle d’une partie de la jeunesse, dans un contexte où l’accès à des opportunités économiques demeure une préoccupation majeure.

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L’indicateur des jeunes NEET, qui désigne les personnes ni en emploi, ni en études, ni en formation, est particulièrement préoccupant. Au deuxième trimestre 2026, 35,3 % des jeunes âgés de 15 à 24 ans se trouvent dans cette situation, contre 32,8 % un an auparavant, soit une hausse de 2,5 points. La proportion atteint 46,3 % en milieu rural et 40,4 % chez les jeunes femmes, révélant des disparités importantes dans l’accès à l’emploi, aux études et à la formation.

Pour Bassirou Diomaye Faye et son gouvernement, ces chiffres soulignent l’ampleur du chantier de l’emploi. La création d’opportunités professionnelles, le développement de l’emploi salarié, l’accompagnement des travailleurs indépendants et l’amélioration de l’insertion des jeunes et des femmes constituent autant d’enjeux mis en évidence par les données de l’ANSD. Face à ces difficultés persistantes, la capacité des politiques publiques à favoriser des emplois plus stables et accessibles sera déterminante pour répondre aux attentes de la population.

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La rédaction de Xibaaru

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