Au 4ᵉ Forum du FOGECA, organisé le jeudi 8 octobre 2026 à Porto, au Portugal, Mankeur Ndiaye a plaidé pour un renforcement des partenariats économiques entre l’Afrique, le Portugal et les Émirats arabes unis. À travers ses interventions lors de deux panels consacrés à l’investissement privé, au commerce et aux chaînes de valeur, il a appelé à transformer les complémentarités entre ces espaces en investissements productifs, en emplois et en création de valeur locale.
Dès l’ouverture du forum, Mankeur Ndiaye a souligné la nécessité de dépasser le cadre des rencontres institutionnelles pour privilégier des initiatives concrètes. « Mais si nous sommes réunis aujourd’hui, ce ne doit pas être simplement pour tenir un Forum de plus. Nous devons avoir une ambition plus forte : faire de Porto le point de départ de nouveaux partenariats économiques entre l’Afrique, le Portugal et les Émirats Arabes Unis », a-t-il déclaré.
Face aux mutations de l’économie mondiale, marquées notamment par la recomposition des chaînes de valeur, la transition énergétique et les transformations liées au numérique et à l’intelligence artificielle, il a estimé que l’Afrique devait redéfinir sa stratégie de développement. « Pendant trop longtemps, notre continent a été regardé essentiellement à travers ses matières premières, ses besoins de financement et son potentiel de consommation. Cette vision est dépassée », a-t-il affirmé, avant de préciser : « L’Afrique que nous voulons est une Afrique qui produit, transforme, innove, exporte et crée de la valeur. »
Pour Mankeur Ndiaye, les atouts du continent, notamment sa population jeune, ses ressources stratégiques, son potentiel énergétique et les perspectives offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), doivent être davantage valorisés. « Mais le potentiel ne suffit pas. Ce qui transforme le potentiel en prospérité, c’est l’investissement », a-t-il insisté. Il a ainsi plaidé pour des investissements productifs et de long terme capables de créer des emplois, de développer les compétences, de favoriser le transfert de technologies et de renforcer la transformation des ressources sur le continent.
Dans cette perspective, il a défendu la construction d’un triangle stratégique entre l’Afrique, le Portugal et les Émirats arabes unis. « Le Portugal apporte des entreprises performantes, des technologies, un savoir-faire et une connaissance ancienne de l’Afrique. Les Émirats Arabes Unis constituent aujourd’hui un grand pôle mondial de capitaux, d’investissement, de logistique, d’énergie et de connectivité. Et l’Afrique apporte des marchés en croissance, des ressources stratégiques et une nouvelle génération d’entrepreneurs », a-t-il expliqué. Avant de résumer cette complémentarité en ces termes : « Capital. Technologie. Ressources. Marchés. Entrepreneuriat. Nous avons les composantes. Il faut maintenant les assembler. »
Plusieurs secteurs ont été identifiés comme prioritaires pour concrétiser cette ambition, notamment l’agro-industrie, l’énergie, les infrastructures, les ports, la logistique, le numérique, l’intelligence artificielle, les énergies renouvelables, le tourisme, l’industrie pharmaceutique et les services financiers.
Mankeur Ndiaye a toutefois rappelé que la réussite de ces partenariats dépendait de la confiance entre les acteurs économiques. « Les investisseurs veulent des règles stables, la sécurité juridique, des administrations efficaces, des infrastructures performantes et des décisions rapides », a-t-il souligné. Il a également appelé les États africains à poursuivre leurs efforts pour améliorer le climat des affaires et garantir davantage de prévisibilité aux investisseurs.
En contrepartie, il a insisté sur la nécessité de privilégier des investissements contribuant au développement économique local. « Investir en Afrique ne peut plus simplement signifier extraire, exporter et repartir », a-t-il déclaré, précisant que les partenariats recherchés devaient créer de la valeur locale, développer les compétences, former les jeunes et associer les entreprises africaines aux chaînes de valeur internationales.
Pour donner une dimension concrète aux ambitions affichées, Mankeur Ndiaye a proposé de faire du forum un espace orienté vers les transactions et les résultats. « Identifions quelques projets prioritaires. Mettons autour de la même table les porteurs de projets africains, les entreprises portugaises, les investisseurs émiratis, les banques et les institutions financières », a-t-il lancé. Il a également souhaité que les prochaines éditions permettent d’évaluer les investissements effectivement réalisés, les entreprises créées, les infrastructures construites et les emplois générés.
Lors du deuxième panel, consacré au développement du commerce, des chaînes de valeur et des investissements pour bâtir un partenariat économique gagnant-gagnant entre l’Afrique et le Portugal, Mankeur Ndiaye a réaffirmé la nécessité de dépasser les relations commerciales traditionnelles. « Ma conviction est simple : nous devons désormais ambitionner non seulement de commercer davantage, mais surtout de produire ensemble, transformer ensemble et créer ensemble davantage de richesses et d’emplois », a-t-il déclaré.
Il a notamment dénoncé le modèle dans lequel l’Afrique exporte essentiellement des matières premières et importe des produits transformés, appelant à renforcer la valeur ajoutée sur le continent. À cet égard, il a identifié quatre domaines prioritaires : l’agro-industrie, les énergies renouvelables, les infrastructures et la logistique, ainsi que le numérique et l’innovation. L’objectif est de construire des chaînes de valeur intégrées, compétitives et créatrices d’emplois.
« Il ne peut y avoir de commerce durable sans investissements productifs », a-t-il rappelé. Selon lui, la coopération doit encourager aussi bien les investissements portugais en Afrique que les investissements africains au Portugal. Il a également souligné les perspectives offertes par la Zone de libre-échange continentale africaine, qui favorise l’émergence d’un vaste marché intégré.
Pour traduire ces orientations en actions, Mankeur Ndiaye a formulé trois propositions : la création d’un mécanisme permanent de dialogue économique entre les entreprises africaines et portugaises, accompagné d’un suivi des projets ; le lancement de projets pilotes de chaînes de valeur conjointes, notamment dans l’agro-industrie, les énergies renouvelables et le numérique ; et la mise en place d’instruments de financement et de garantie, particulièrement au bénéfice des petites et moyennes entreprises.
« Ces initiatives doivent déboucher sur des engagements précis, des investissements mesurables et des résultats tangibles », a-t-il insisté, estimant que le principal défi résidait dans la capacité des partenaires à transformer les opportunités en projets concrets.
Mankeur Ndiaye a appelé à faire de Porto un point de départ pour une nouvelle dynamique économique entre l’Afrique, l’Europe et le Golfe. « L’Afrique ne veut plus être seulement un marché de consommation ou un fournisseur de matières premières. Elle veut devenir un partenaire de production, de transformation et d’innovation », a-t-il affirmé.
Il a enfin exprimé le souhait que le forum soit associé à des réalisations concrètes. « C’est à Porto que nous avons décidé d’agir ensemble. C’est à Porto que de nouveaux partenariats ont commencé. C’est à Porto que nous avons commencé à bâtir un nouveau corridor d’investissement entre l’Afrique, l’Europe et le Golfe », a-t-il déclaré, avant de souhaiter plein succès aux travaux du Forum Afrique–Portugal–Émirats arabes unis 2026.



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