Justice, crise politique, élections territoriales et coût de la vie au cœur des préoccupations du Gradec

WhatsAppX

Invité de l’émission « Point de vue » sur la RTS, le coordonnateur du Gradec, Babacar Fall, a abordé plusieurs sujets d’actualité, notamment les dossiers financiers controversés, la crise entre l’Exécutif et la majorité parlementaire, les prochaines élections territoriales ainsi que les difficultés liées au coût de la vie. Sur ces différentes questions, il a défendu une ligne fondée sur la responsabilité, la clarification et le respect des échéances démocratiques.

Concernant les dossiers financiers controversés, Babacar Fall appelle à la prudence et à laisser la justice établir les responsabilités. Face aux différents montants avancés par les protagonistes, il estime qu’une procédure sereine est nécessaire pour distinguer les faits des accusations. « Il faut laisser la justice faire son travail dans la sérénité, sans pression aucune afin que toute la lumière soit faite sur ces dossiers-là », affirme-t-il.

Le coordonnateur du Gradec souhaite également que toutes les personnes ayant exercé des responsabilités dans ces dossiers puissent être entendues. À ses yeux, l’enjeu dépasse la question des montants évoqués et renvoie plus largement à la gestion des deniers publics, dans un contexte marqué par de fortes contraintes financières.

« On ne peut plus continuer dans une situation d’impunité », martèle-t-il, avant d’ajouter : « On ne peut pas se permettre, devant cette situation difficile, que les gens puissent jouer avec les deniers publics. C’est inacceptable. »

Abordant la crise entre l’Exécutif et la majorité parlementaire, Babacar Fall évoque deux possibilités : un rapprochement entre les protagonistes ou la dissolution de l’Assemblée nationale.

À ses yeux, une dissolution pourrait ouvrir la voie à une nouvelle consultation électorale et permettre aux citoyens de trancher. « La meilleure option, de mon point de vue, c’est d’aller vers une élection anticipée qui serait un moment de clarification électorale pour permettre au peuple d’arbitrer », soutient-il.

Le responsable du Gradec reconnaît toutefois qu’une dissolution comporterait des risques pour les différents camps. Il estime néanmoins qu’elle aurait le mérite de clarifier les rapports de force politiques et de mettre fin à une situation dont les conséquences sont ressenties par les citoyens.

Sur la question des élections territoriales, Babacar Fall se montre catégorique. « Un calendrier électoral est fait pour être respecté. Les élections locales ont la même dignité que les élections législatives ou l’élection présidentielle », rappelle-t-il.

Le coordonnateur du Gradec reconnaît néanmoins les contraintes susceptibles d’être invoquées pour expliquer un éventuel report, notamment la situation financière du pays, le coût de l’organisation d’un scrutin ou encore les réformes envisagées dans le cadre de l’Acte IV de la décentralisation.

Pour autant, ces contraintes ne sauraient, selon lui, justifier une prolongation indéfinie des mandats. Dans l’hypothèse où un report serait nécessaire, celui-ci devrait être clairement motivé et juridiquement encadré. Babacar Fall dénonce surtout le flou qui entoure actuellement cette échéance, estimant que l’administration électorale doit pouvoir travailler sur la base d’une décision politique claire.

Répondant aux critiques adressées à la société civile, à qui certains reprochent de faire une fixation sur les élections, Babacar Fall rejette fermement cette perception. « Nous ne sommes pas obsédés par la matière électorale. Nous restons sur les principes », affirme-t-il. Selon lui, il s’agit avant tout de rappeler que les mandats confiés par les citoyens doivent, à leur terme, donner lieu à un bilan devant les électeurs.

Il se montre toutefois ouvert à l’hypothèse d’un report lorsque celui-ci serait justifié par des contraintes réelles. « S’il y a des difficultés, le gouvernement se trouve dans l’impossibilité d’organiser des élections pour des raisons qu’on peut comprendre. Mais il faut les poser sur la table », explique-t-il.

Au-delà des questions électorales, Babacar Fall insiste également sur les préoccupations économiques et sociales auxquelles sont confrontées les populations. « Nous sommes des Sénégalais. Nous subissons la cherté du coût de la vie, le coût exorbitant des loyers », rappelle-t-il.

Il évoque également les conséquences du retrait de l’USAID sur les organisations de la société civile, avec notamment des programmes interrompus et des emplois supprimés. Pour le coordonnateur du Gradec, la priorité demeure la création de conditions favorables à une stabilité économique permettant aux ménages de mieux faire face aux prix du riz, du carburant et des loyers.

Nos Exclusivités d’hier

Par la rédaction

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *