Les fortes pluies enregistrées ces derniers jours à Dakar et dans plusieurs régions du Sénégal doivent constituer, selon Khouraichi Thiam, un signal d’alerte collectif. Dans une déclaration, l’Administrateur général du FAISE adresse ses pensées aux familles touchées par les intempéries ainsi que ses sincères condoléances aux familles endeuillées, notamment à la suite des pertes en vies humaines enregistrées aux Parcelles Assainies, à l’Unité 7.
Pour lui, au-delà de l’émotion et de la solidarité qui doivent accompagner chaque situation d’urgence, ces épisodes imposent une réflexion plus profonde sur la capacité du pays à anticiper les conséquences des dérèglements climatiques.
Khouraichi Thiam inscrit la situation sénégalaise dans un contexte mondial marqué, selon lui, par une multiplication des épisodes de pluies extrêmes et d’inondations. Il cite notamment l’Espagne, le Mexique, la Thaïlande, la Grèce et la Malaisie, où de fortes précipitations ont également provoqué d’importants dégâts.
Il estime ainsi que le changement climatique modifie les conditions auxquelles les villes et les territoires doivent désormais se préparer. Dans cette perspective, il considère que le Sénégal ne peut plus penser son système d’assainissement uniquement à partir des réalités climatiques du passé.
À Dakar, plusieurs secteurs ont été affectés par les épisodes récents, notamment les Parcelles Assainies, Grand-Yoff, Front de Terre, Castors, Pikine, Diamaguène, Mbao, Guédiawaye, Keur Massar et Rufisque. Les fortes pluies du 4 octobre 2026 ont notamment perturbé la mobilité entre Dakar et sa banlieue, avec des difficultés de circulation et une exposition de plusieurs habitations et infrastructures.
Pour Khouraichi Thiam, cette vulnérabilité ne concerne toutefois pas uniquement la capitale. Des territoires ruraux et d’autres régions du pays sont également confrontés aux conséquences des fortes précipitations, aux débordements, aux difficultés d’accès ainsi qu’aux dommages causés aux habitations, aux infrastructures et aux activités économiques.
Il plaide ainsi pour une approche nationale de la résilience, intégrant aussi bien Dakar, les autres villes que les territoires ruraux. « La pluie n’est pas notre ennemie. Elle fait partie de notre climat. Notre véritable défi est notre capacité à anticiper, canaliser, stocker, traiter, évacuer et valoriser l’eau », souligne-t-il.
À ses yeux, la situation particulière de Dakar, capitale densément peuplée et principal centre administratif, économique, commercial, sanitaire et éducatif du pays, nécessite une réflexion spécifique. Quelques heures de fortes pluies peuvent, selon lui, perturber profondément le fonctionnement de la métropole, avec des routes impraticables, des quartiers isolés, des transports ralentis et des difficultés d’accès aux lieux de travail, aux établissements de santé et aux écoles.
L’assainissement ne devrait donc plus être considéré comme une simple question technique, estime-t-il, mais comme un enjeu économique, social, environnemental et stratégique. Il considère que les interventions d’urgence, notamment le recours aux motopompes sur les points critiques, restent nécessaires, mais doivent s’inscrire dans une politique permanente d’anticipation et de prévention.
Dans cette perspective, Khouraichi Thiam propose l’ouverture d’une réflexion nationale autour d’un objectif : « Dakar zéro inondation ». Il avance dix axes stratégiques, portant notamment sur la cartographie des zones à risques, la surveillance intelligente des eaux, la modernisation et l’entretien des réseaux, le développement des bassins de rétention, la valorisation de l’eau de pluie, l’étude des possibilités d’évacuation maîtrisée vers le littoral, la modernisation des réseaux d’eaux pluviales et d’eaux usées, le respect des règles d’urbanisme, la mise en place d’un plan de résilience économique et l’implication de chaque commune dans la prévention.
Selon lui, cette réflexion ne doit être dirigée contre aucune institution, mais permettre de dépasser les polémiques et de construire des solutions inscrites dans la durée, au-delà des mandats politiques. « Je rêve d’un Dakar où la pluie ne provoque plus la peur », écrit-il, en évoquant une capitale où les routes resteraient accessibles, où les quartiers bénéficieraient d’infrastructures adaptées, où l’eau serait récupérée et valorisée et où la technologie permettrait d’anticiper les risques.
Pour l’Administrateur général du FAISE, les pluies de ces derniers jours doivent constituer un « électrochoc » et conduire à privilégier l’expertise, la planification, l’investissement et la responsabilité. Il défend ainsi une ambition à long terme : « Dakar zéro inondation à l’horizon 2050 », avec pour objectifs de protéger les populations, préserver l’économie, créer des emplois, protéger l’environnement et préparer les générations futures. « Dakar doit devenir une solution, jamais un problème », conclut Khouraichi Thiam.



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