Tensions internes à Mbao ! La section locale de PASTEF (Parti des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Ethique et la Fraternité) acte l’« auto-exclusion » du nouveau directeur général du COSEC, Pape Ousseynou Pouye, déclenchant une vive contestation de ses militants. Entre contestations statutaires et batailles d’investiture pour la mairie, cette fracture politique inédite redistribue totalement les cartes électorales au sein de la commune.

La commune de Mbao est le théâtre d’une vive tension politique au sein de la section locale de PASTEF-Les Patriotes. Dans un communiqué officiel signé par son coordonnateur, Ahmadou Moustapha Njekk Sarre, la structure communale a pris la responsabilité d’acter l’« auto-exclusion » de Pape Ousseynou Pouye, récemment nommé directeur général du Conseil Sénégalais des Chargeurs (COSEC). Accusé d’usurpation d’image sur les réseaux sociaux et de compagnonnage avec des forces adverses, le nouveau haut fonctionnaire se voit reprocher une violation des statuts du parti, illustrant un malaise local profond.
En tentant d’écarter un cadre fraîchement promu par le pouvoir central, la section communale de Mbao commet une faute politique singulière. Au lieu de capitaliser sur la nomination de Pape Pouye au COSEC pour renforcer l’ancrage institutionnel et électoral du parti dans la zone, l’instance locale choisit la voie de la rupture publique. Cette fracture rebat totalement les cartes pour les prochaines candidatures à la mairie de Mbao, installant une incertitude majeure au sein de la majorité.
Sur le plan du droit interne, la démarche de la coordination locale souffre d’une fragilité juridique évidente mise en lumière par Moussa Gningue, militant de Pastef et partisan de Pape Pouye. Selon ce dernier, l’article 2 du règlement intérieur stipule que la qualité de membre ne se perd que par décès, démission, exclusion disciplinaire ou adhésion à une autre formation politique. Pape Ousseynou Pouye n’ayant commis aucun de ces actes, Moussa Gningue souligne qu’aucune condition d’auto-exclusion n’est réunie et que le communiqué de la section est totalement dépourvu de base juridique.

Plus grave encore, la section de Mbao a manifestement surpassé ses prérogatives statutaires en proclamant cette sanction, selon les soutiens du nouveau DG. Les textes régissant PASTEF rappellent avec précision que l’exclusion définitive relève de la compétence exclusive du Conseil national, sur proposition du Bureau politique. En s’attribuant un pouvoir de décision qui ne lui appartient pas, la coordination locale viole les principes élémentaire de la procédure disciplinaire interne, rendant son acte nul et non avenu comme le dénonce Moussa Gningue.
Cette tentative de mise à l’écart redéfinit le paysage politique local au moment où les ambitions pour la mairie s’aiguisent. Pape Ousseynou Pouye est perçu par une frange importante des observateurs de la scène politique comme le seul leader politique de PASTEF bénéficiant d’une représentativité incontestable dans la commune. Sa mise au ban forcée risque de provoquer une scission de la base électorale et de favoriser l’émergence de candidatures dissidentes ou de coalitions alternatives capables de contester la suprématie du parti au pouvoir.
L’épisode actuel ravive par ailleurs des blessures passées et alimente les accusations de manœuvres antidémocratiques récurrentes. Comme le rappelle le militant Moussa Gningue dans sa note, ce type d’agissements s’inscrit dans la continuité des élections primaires de 2021, où la candidature d’un membre de Pastef avait été imposée au sein de la coalition Yewwi Askanwi. Selon lui, cette répétition traduit une volonté manifeste d’écarter certains responsables politiques en dehors du cadre légal pour verrouiller l’investiture municipale.

La querelle autour de la gestion des canaux de communication illustre la dégradation du dialogue militant. Si la section exige la suppression immédiate de la page Facebook dénommée «Pastef Mbao» sous menace de poursuites judiciaires, cette judiciarisation des querelles internes traduit un échec patent de la médiation politique. Porter des différends d’appareil devant les tribunaux ne fait qu’étaler sur la place publique les fractures d’une organisation incapable de réguler ses tensions internes.
En redistribuant ainsi les équilibres locaux, cette crise offre un boulevard et une opportunité tactique inespérée aux forces politiques adverses. Alors que l’opposition locale scrute les failles de PASTEF, le spectacle d’une section communale minée par des guerres de leadership affaiblit la position du parti présidentiel. Les querelles d’égos et les calculs pour la mairie occultent le bilan et les attentes des populations de Mbao.
Il devient urgent pour la direction nationale de PASTEF d’intervenir pour remettre de l’ordre, clarifier les candidatures futures et annuler cet acte litigieux. Pour préserver la cohésion interne, garantir le respect des statuts et aborder sereinement les prochaines échéances à Mbao, le parti doit suivre l’alerte lancée par ses militants afin de préserver la légitimité des textes et garantir le respect des droits de chaque responsable. Car à Mbao, aucun de ses anciens ministres et DG ne fait l’unanimité dans la commune !


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