Ndiaganiao : L’interdiction d’une vente de cartes de Pastef ravive les tensions politiques
La décision du sous-préfet de Fissel d’interdire une opération de vente de cartes de Pastef prévue sur la place publique à Ndiaganiao suscite une vive polémique. Des militants du parti présidentiel accusent Kiiray, les Patriotes Républicains, de chercher à empêcher l’implantation du parti dans le fief du président Bassirou Diomaye Faye. Une accusation rejetée par les responsables locaux de Kiiray, qui invoquent des impératifs de paix et de sécurité.
La tension monte à Ndiaganiao après l’interdiction d’une activité politique de Pastef. Prévue sur la place publique de la localité, une opération de vente de cartes du parti présidentiel a été interdite par le sous-préfet de Fissel. Cette décision a provoqué la colère de militants de Pastef, qui accusent les responsables de Kiiray, les Patriotes Républicains, de craindre l’implantation du parti dans le fief du chef de l’État et de faire preuve d’antidémocratisme.
Les responsables locaux de Kiiray réfutent fermement ces accusations. Pour Mbaye Diouf, responsable local du mouvement, l’interdiction ne serait pas liée à une quelconque crainte de Pastef, mais à la nécessité d’éviter d’éventuels troubles dans la localité. « Nous sommes démocrates et nous n’avons peur de personne », a-t-il déclaré sur iRadio dans des propos repris par Pressarik, réaffirmant l’attachement de son camp à la paix. Selon lui, l’activité envisagée pouvait dégénérer en raison de la mobilisation annoncée de militants venus de l’extérieur.
Mbaye Diouf affirme avoir été informé d’une mobilisation de militants de Pastef qui auraient envisagé de se rendre à Ndiaganiao dans le but, selon ses propres termes, d’« humilier le président dans son fief ». « Nous avons appris que les militants de Pastef sont en train de mobiliser pour venir à Ndiaganiao pour essayer d’humilier le président dans son fief », a-t-il expliqué.
Le responsable de Kiiray estime qu’une telle mobilisation aurait pu entraîner une réaction des populations locales et, par conséquent, créer des tensions. Il assure toutefois que son mouvement ne s’oppose pas aux activités politiques de Pastef lorsque celles-ci sont organisées dans le respect des règles. « Nous sommes démocratiques si les choses se font dans les règles de l’art, nous ne pouvons empêcher », a-t-il soutenu.
Concernant l’interdiction de l’activité, Mbaye Diouf estime que la décision relève de la compétence des autorités administratives. Selon lui, ces dernières disposeraient d’informations susceptibles de justifier leur choix. Le responsable de Kiiray estime même que l’activité aurait pu constituer une occasion de mesurer la réalité du soutien dont Pastef bénéficie dans la localité. « On devait même les laisser venir à Ndiaganiao pour montrer aux gens ce qui est en train d’être dit que Ndiaganiao n’est pas derrière le président », a-t-il déclaré.
Mbaye Diouf met également en doute la capacité des nouveaux militants de Pastef à assurer durablement l’organisation du parti à Ndiaganiao. Il estime qu’une partie de la mobilisation annoncée serait portée par des personnes récemment arrivées dans les rangs de la formation politique.
L’interdiction de la vente de cartes de Pastef ouvre ainsi un nouveau front de tension politique dans la localité. Alors que des militants du parti présidentiel dénoncent une entrave à leurs activités, Kiiray affirme pour sa part avoir cherché à prévenir ce qu’il considère comme une opération susceptible de provoquer des tensions et de déstabiliser Ndiaganiao.