Offensive contre Sonko…Pastef encerclé par une opposition en ordre de bataille

C’est une véritable déferlante qui s’abat actuellement sur le PASTEF (Parti des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Ethique et la Fraternité)et son leader Ousmane Sonko. En l’espace de quelques jours, l’échiquier politique sénégalais s’est embrasé sous les attaques simultanées de l’opposition. Une offensive tous azimuts par laquelle l’opposition entend bien mettre un terme au « spectacle » parlementaire.

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Le rouleau compresseur est en marche. Longtemps sur la défensive face à la déferlante Pastef, les figures de proue de l’opposition ont décidé d’orchestrer une riposte coordonnée. Dans le viseur de cette «coalition» de circonstance : la gestion et l’usage jugé politicien des commissions d’enquête parlementaires sous la houlette du président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko.

Thierno Bocoum, dans une tribune parcourue par la rédaction de Xibaaru, intitulée sans détours : « De Projet-Pastef à Pastef-Prod », a réagi. Pour le président d’AGIR-Les Leaders, les masques sont définitivement tombés. Celui qui se définit comme le précurseur des alerteurs contre la « fourberie » du parti au pouvoir estime que le temps lui donne aujourd’hui raison. « Le projet devait transformer le Sénégal. La production semble désormais s’employer à fabriquer des séquences politiques, des polémiques et des récits destinés à entretenir la mobilisation militante », fustige-t-il.

Du côté de l’Alliance pour la République (APR), la réplique est d’une virulence tout aussi redoutable. Dans une déclaration coup de poing intitulée « L’entêtement de Ousmane Sonko dans l’entreprise de clochardisation de notre institution parlementaire », le député Abdou Mbow s’en prend directement au patron de Pastef. Il l’accuse d’avoir transformé la représentation nationale en un « tribunal personnel » et une annexe de son parti. Sur le dossier brûlant des 37 milliards de FCFA de l’ASER (Agence sénégalaise d’électrification rurale), Abdou Mbow tape du poing sur la table : « Quand la Justice est saisie, le Parlement se tait. Il respecte », martèle-t-il, invoquant l’article 54 du règlement intérieur et la jurisprudence du Conseil constitutionnel.

Le parlementaire de l’APR enfonce le clou en dénonçant la sélectivité de l’enquête sur les fonds spéciaux (limitée à la période 2012-2021) : « Vous voulez fouiller les poches de vos prédécesseurs, mais vous refusez qu’on regarde dans les vôtres de 2024 à aujourd’hui. C’est ça, votre rupture ? ».

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Abdou Mbow (G) et Ousmane Sonko (D)

Mais le coup le plus dur et le plus inattendu porté à la majorité vient de l’intérieur même du pôle présidentiel. Aminata Touré, coordinatrice de la coalition Kiiraay et envoyée spéciale du chef de l’État, s’est fendue d’une sortie remarquable pour recadrer les ardeurs des députés de Pastef. Sans ambages, l’ancienne Première ministre a rappelé la hiérarchie des compétences républicaines.

« La Cour des Comptes et l’Inspection Générale d’État sont les organes juridiquement habilités à contrôler la bonne utilisation de l’argent public ». Se montrant tranchante sur le manque de qualification technique des élus pour mener de véritables audits financiers, « Mimi » Touré a lâché une petite phrase qui fait déjà trembler l’Hémicycle : « Qui va enquêter sur les enquêteurs ? », citant l’adage wolof « Kouy dig lé sangou na djitou si wanag wi ! ». Un message clair adressé à une Assemblée qui réclame la transparence chez les autres tout en opérant dans l’opacité budgétaire interne.

Pour Doudou Ka, président du Parti pour le grand Sénégal (PGS), l’heure n’est plus aux demi-mesures. L’ancien ministre sous Macky Sall qualifie sans détours la situation actuelle de « coup d’État parlementaire », estimant que l’Assemblée fonctionne dans l’illégalité depuis le 26 mai 2026. Considérant que le Parlement est devenu le théâtre d’un bras de fer stérile, Doudou Ka lance un appel solennel à toute l’opposition : rompre les rangs, boycotter définitivement les travaux parlementaires pour paralyser l’institution et forcer le chef de l’État à dissoudre l’Assemblée nationale pour provoquer des législatives anticipées dès 2027.

Le député Thierno Alassane Sall (République des Valeurs) apporte la preuve par les textes de ce qu’il qualifie de « volte-face opportuniste ». Il rappelle que depuis octobre 2024, c’est la majorité Pastef elle-même qui bloquait toute velléité d’enquête sur le scandale ASER/AEE Power, allant jusqu’à se réfugier derrière l’article 53 du Règlement intérieur suite à sa plainte déposée le 16 octobre 2025. Pour le leader de la République des Valeurs, le brusque revirement de Pastef, qui invoque aujourd’hui le même article pour lancer une commission, démontre une manipulation flagrante des règles parlementaires à des fins de propagande politique.

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Thierno Bocoum (G) et Thierno Alassane Sall (D)

Ces prises de position simultanées mettent en lumière un isolement politique croissant pour les patriotes. Pris en étau entre la contestation de la légitimité procédurale de l’Hémicycle, les accusations d’opacité financière interne et le scepticisme persistant des citoyens face aux difficultés économiques quotidiennes, le camp d’Ousmane Sonko se retrouve contraint de justifier sur plusieurs fronts la pertinence de ses méthodes. Les stratèges de l’opposition espèrent ainsi capitaliser sur ces contradictions pour reprendre durablement l’initiative au sein de l’espace public sénégalais.

À la lumière de cette levée de boucliers généralisée, une certitude émerge : le temps où Pastef dictait seul le tempo du débat politique est révolu. En voulant transformer les commissions d’enquête parlementaires en rouleaux compresseurs médiatiques, le parti a réussi l’exploit d’unir contre lui un front hétérogène allant de l’opposition traditionnelle aux alliés exigeants du pouvoir.

La rédaction de Xibaaru

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