Fragilisé par des déboires juridiques à répétition, pilonné par une opposition revancharde et manœuvré sur sa gauche comme sur sa droite par l’émergence du mouvement Kiiraay, le parti des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail l’Ethique et la Fraternité (PASTEF) traverse une zone de dures turbulences. Entre vices de procédure flagrants à l’Assemblée nationale et stratégie d’éviction politique orchestrée pour sceller son destin, la formation d’Ousmane Sonko vacille sous le poids des attaques et de ses propres maladresses.

Pourtant fort d’une majorité confortable au sein du Parlement, le parti Patriotes africains du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité (PASTEF) essuie d’importants revers politiques. Ce 15 octobre 2026, la décision n° 10/C/2026 du Conseil constitutionnel a sonné comme un camouflet retentissant pour la majorité parlementaire. En déclarant la loi organique n° 38/2026 modifiant le Règlement intérieur de l’Assemblée nationale « contraire à la Constitution », les sages ont invalidé le texte pour un vice de procédure majeur lié au non-respect de l’article 82, alinéa 4.
Cette invalidation n’est malheureusement pas un cas isolé pour les patriotes. Saisi par le Chef de l’État à la suite du passe-passe législatif imposé par le bureau parlementaire, le Conseil constitutionnel a relevé le mépris d’une « formalité substantielle », censurant une démarche qui visait à faire passer en force des textes révisés sans intégrer les amendements de l’exécutif. Pour Pastef, cette répétition d’erreurs juridiques entache durablement sa crédibilité institutionnelle et montre de sérieuses failles dans sa maîtrise du jeu parlementaire.
Sur l’échiquier politique, l’opposition s’engouffre dans cette brèche. Dénonçant une gouvernance d’amateurs et des velléités d’autoritarisme législatif, les détracteurs du parti ne manquent pas une occasion d’asséner leurs coups. Pour les opposants, ces annulations successives apportent la preuve formelle que Pastef tente de brusquer les institutions de la République sans en maîtriser les rouages les plus fondamentaux.

Mais le véritable péril pour le parti d’Ousmane Sonko ne vient plus seulement des bancs de l’opposition traditionnelle. Il provient de la recomposition politique menée par l’appareil présidentiel à travers la formation Kiiraay. Conçu pour fédérer au-delà des cadres historiques du mouvement patriote, Kiiraay déploie une offensive de charme inédite pour capter la légitimité du pouvoir et siphonner les bases électorales de Pastef.
Sur le terrain, la machine Kiiraay multiplie les ralliements d’élus locaux, d’anciens cadres de l’échiquier politique et de déçus du sonkoïsme. En organisant un maillage méticuleux du territoire national, Kiiraay contraint Pastef à une défensive étouffante. Là où Pastef misait sur sa domination idéologique, le parti présidentiel impose une logique de rassemblement républicain qui fragilise le contrôle de Sonko sur les rouages politiques du pays.
Isolé par ses erreurs de casting législatif et pris entre le marteau des attaques de l’opposition et l’enclume du projet Kiiraay, Pastef voit sa marge de manœuvre se réduire comme peau de chagrin. À l’Assemblée nationale, le sentiment de puissance cédé par les députés s’effrite à mesure que les textes fondamentaux se font recalibrer par la haute juridiction.

La bataille du récit fait désormais rage entre les tenants du « Projet » originel et les bâtisseurs de la nouvelle dynamique présidentielle. Incapable de concrétiser ses grandes réformes institutionnelles à cause de maladresses administratives et de vices de forme, Pastef se retrouve piégé dans son propre discours. Ses adversaires n’hésitent plus à dépeindre le mouvement comme une force d’agitation inapte aux exigences du sommet de l’État.
À l’approche des prochaines échéances et face à une opinion publique attentive, Pastef essuie une tempête inédite. Entre un Conseil constitutionnel inflexible sur le respect du droit, une opposition pugnace et un rival interne nommé Kiiraay résolu à sceller son destin, la formation d’Ousmane Sonko traverse la crise la plus sombre de son histoire politique, où sa survie au premier plan est désormais directement menacée.


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