Professeur Mary Teuw Niane appelle à « reconquérir le bonheur de vivre ensemble »

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Dans un texte publié à Dakar ce dimanche 30 août 2026, le Professeur Mary Teuw Niane invite à renouer avec la confiance, la fraternité et le dialogue. Il dénonce une période marquée, selon lui, par la méfiance, la suspicion et les jugements, tout en appelant à préserver les institutions, les libertés et la dignité de chaque citoyen.

« Reconquérir le bonheur de vivre ensemble ». C’est l’appel lancé par le Professeur Mary Teuw Niane dans un texte daté de ce dimanche 30 août 2026 à Dakar. L’auteur revient sur une période qu’il décrit comme celle de la méfiance, au cours de laquelle chacun aurait progressivement pris le droit de juger l’autre, en le qualifiant notamment de « criminel », « corrompu », « traître » ou encore « comploteur ».

Selon lui, « la suspicion était devenue une vertu, la calomnie une arme, la médisance une méthode ». Il estime ainsi que la société s’était retrouvée divisée entre ceux qui se considéraient comme les « gardiens du bien » et les autres, systématiquement considérés comme coupables.

Dans son texte, Mary Teuw Niane met en garde contre toute prétention à détenir le monopole de la morale. « Nul ne peut devenir le maître de la morale sans avoir d’abord accepté d’en être le serviteur », écrit-il. Il considère par ailleurs qu’une République ne peut se construire « avec la peur, les anathèmes et la pensée unique ». Elle doit, selon lui, reposer sur « des institutions, des règles, des contre-pouvoirs » et sur « la dignité de chaque citoyen ».

Le responsable politique rappelle également que la politique a vocation à « impulser et gouverner », mais qu’elle ne doit pas se substituer à la justice, à la conscience, à la religion ou à la société.

Mary Teuw Niane estime qu’une force politique qui dépasse les limites de ses prérogatives contribue non pas à protéger la République, mais à la fragiliser. Il rejette également l’idée d’une société que l’on pourrait transformer au gré des certitudes de quelques-uns. Une société est, à ses yeux, une combinaison d’« histoire », de « mémoire », de « croyances », de « traditions », de « blessures » et d’« espérances ». Pour lui, les transformations durables ne peuvent donc reposer « ni par la brutalité des certitudes ni par la terreur des mots ».

Dans son analyse, l’ancien climat de méfiance semble progressivement céder la place à une nouvelle dynamique. « Aujourd’hui, quelque chose renaît », affirme-t-il. Des femmes et des hommes recommencent, selon lui, à parler sans peur, à penser librement et à se rencontrer sans se définir d’abord par leur appartenance à un camp. Cette liberté retrouvée permettrait également de renouer avec des gestes simples de la vie collective : « un sourire, un rire, une poignée de main », mais aussi la compassion envers celui qui souffre et la joie partagée avec celui qui réussit.

Mary Teuw Niane estime que les valeurs, les traditions, la foi, le savoir-vivre et l’attachement à la fraternité constituent des forces capables de résister aux divisions. « Une société ne se sauve pas en apprenant à se haïr ; elle se sauve en réapprenant à se faire confiance », écrit-il.

Dans cette perspective, il considère que le retour à la paix ne nécessite pas un consensus sur toutes les questions. « Nous n’avons pas besoin d’être d’accord sur tout pour vivre en paix », souligne-t-il. Il conclut son texte par un appel à reconnaître avant tout ce qui unit les citoyens : « nous reconnaître comme frères en humanité ».

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