Dans une tribune consacrée à la xénophobie et aux valeurs d’hospitalité du Sénégal, Elhadji Ndiaye, conseiller municipal de Taxawu Senegaal à la commune de Grand Yoff, appelle à préserver la téranga face aux préjugés et aux discours de rejet de l’étranger. Il rappelle que la défense de l’identité nationale ne saurait justifier la discrimination et que le respect de la dignité humaine doit rester au cœur des comportements individuels et collectifs.
« La xénophobie commence lorsque l’on cesse de voir en l’étranger un être humain comme nous », écrit Elhadji Ndiaye. Selon lui, la différence, qui devrait constituer une richesse, devient parfois un motif de méfiance et de rejet. Il estime que la peur et les préjugés conduisent certains à désigner l’étranger comme un bouc émissaire, au lieu de s’attaquer aux véritables difficultés de la société.
Pour étayer son propos, le conseiller municipal s’appuie notamment sur la pensée du philosophe Emmanuel Kant, qui invite à considérer chaque être humain comme une fin en soi et non comme un simple instrument au service de ses intérêts. Il évoque également les réflexions de Georges Gusdorf sur la relation à autrui, estimant que l’identité individuelle ne se construit pas nécessairement dans le rejet de l’autre, mais peut au contraire s’enrichir au contact de la différence.
Au Sénégal, cette conception de la relation humaine trouve, selon lui, une expression particulière dans la téranga. Celle-ci ne se limite pas à l’accueil chaleureux d’un visiteur ou au partage d’un repas. Elle traduit une manière de reconnaître la dignité de l’autre, quelles que soient son origine, sa nationalité ou ses habitudes.
Elhadji Ndiaye considère que la téranga constitue une force plutôt qu’une faiblesse. Elle permettrait à un peuple de rester attaché à ses racines tout en demeurant ouvert au monde, sans considérer la présence de l’étranger comme une menace pour son identité.
Toutefois, il met en garde contre le décalage entre la célébration de cette valeur dans les discours et son application dans la vie quotidienne. Pour lui, il existe une contradiction entre la revendication de la téranga et les comportements qui consistent à regarder l’étranger avec suspicion, à le discriminer ou à présenter sa présence comme un danger.
Le conseiller municipal estime également que la xénophobie peut détourner l’attention des difficultés économiques, des injustices et des défaillances internes en attribuant à l’étranger la responsabilité des problèmes rencontrés. Il rappelle qu’aucune solution durable ne peut reposer sur le rejet d’un autre être humain en raison de son origine.
Dans sa tribune, Elhadji Ndiaye tient néanmoins à distinguer le respect de la dignité humaine de la question de la souveraineté nationale. Il reconnaît à l’État le droit de protéger ses lois et d’organiser ses frontières, tout en soulignant que cette responsabilité ne saurait justifier l’humiliation ou la discrimination des personnes étrangères.
« On peut défendre les intérêts du Sénégal sans mépriser les étrangers, préserver notre cohésion nationale sans entretenir la haine et affirmer notre identité sans faire de la différence une raison d’exclure », soutient-il.
Pour Elhadji Ndiaye, la fidélité à la téranga doit ainsi dépasser les références au patrimoine et les déclarations de principe pour se traduire dans les comportements de tous les jours. Il invite les Sénégalais à examiner leurs attitudes et à veiller à ce que les peurs identitaires ne prennent pas le dessus sur les valeurs de fraternité et d’hospitalité.
Le conseiller municipal de Taxawu Senegaal à Grand Yoff rappelle que la grandeur d’un peuple se mesure aussi à la manière dont il traite ceux qui viennent d’ailleurs. « Le xénophobe prétend défendre la patrie, mais il risque de lui faire perdre ce qui la rend digne d’être défendue : son humanité », écrit-il. Pour lui, la téranga sénégalaise ne doit pas seulement être une fierté héritée des générations précédentes, mais une valeur à défendre dans les paroles comme dans les actes.



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