Déclaration de patrimoine : Aldiouma Sow interpelle le camp Sonko
L’amendement visant à soumettre le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale à l’obligation de déclaration de patrimoine continue de susciter des réactions politiques. Aldiouma Sow, responsable de KIIRAAY / Les Patriotes Républicains et coordonnateur de la coalition Diomaye Président, défend l’initiative du chef de l’État et y voit une démarche de transparence et d’éthique républicaine. Il adresse également un avertissement au camp d’Ousmane Sonko.
La proposition d’élargir l’obligation de déclaration de patrimoine aux principales autorités de l’État continue d’alimenter le débat politique. Dans une tribune publiée jeudi, Aldiouma Sow, responsable au sein de KIIRAAY / Les Patriotes Républicains et coordonnateur de la coalition Diomaye Président, a apporté son soutien à l’initiative portée par le président Bassirou Diomaye Faye.
L’amendement déposé par le chef de l’État prévoit de soumettre le Premier ministre et le président de l’Assemblée nationale à l’obligation de déclaration de patrimoine, aussi bien à leur entrée qu’à leur sortie de fonction. Pour Aldiouma Sow, cette démarche constitue avant tout un acte de transparence et d’éthique dans la gestion des affaires publiques.
Le responsable politique estime que cette initiative permet de mettre en évidence deux conceptions différentes de l’action politique. Il oppose ainsi un gouvernement qui, selon lui, cherche à mettre en œuvre « des réformes à portée générale et impersonnelle » à ce qu’il qualifie de « faction messianique usurpatrice », dont l’objectif serait d’utiliser l’Assemblée nationale pour régler des différends politiques.
Une formulation qui vise directement le camp d’Ousmane Sonko. Aldiouma Sow considère en effet que les débats autour de la réforme de la déclaration de patrimoine ne peuvent être dissociés des tensions politiques qui opposent désormais les deux principaux pôles du pouvoir.
Pour le coordonnateur de la coalition Diomaye Président, l’initiative présidentielle dépasse ainsi la seule dimension juridique. Il y voit également un message adressé à ceux qui seraient tentés d’utiliser les institutions à des fins politiques.
« Le chef de l’État, par l’entremise du ministre de la Justice, adresse une mise au point claire au Messie et à son clan », affirme-t-il. Selon lui, le président de la République rappelle ainsi que « nos institutions ne sont pas des jouets » et que les règles relatives à la transparence ne peuvent être appliquées ou interprétées en fonction des intérêts politiques du moment.
Aldiouma Sow appelle par conséquent Ousmane Sonko et ses soutiens à privilégier la voie institutionnelle et à renoncer à ce qu’il présente comme une logique de confrontation. Il estime que la stabilité du pays passe nécessairement par le respect des règles républicaines et par une gouvernance fondée sur la transparence.
Cette sortie intervient alors que l’amendement gouvernemental fait l’objet de discussions au sein de l’Assemblée nationale. Son examen devrait permettre de préciser les modalités d’application de l’obligation de déclaration de patrimoine aux différentes autorités concernées.