Révision constitutionnelle : Babacar Ba appelle Diomaye et Sonko à « légiférer dans la sérénité »
À travers une lettre ouverte adressée au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, et au président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, Babacar Ba, président du Forum du Justiciable, invite les deux institutions à privilégier l’apaisement, le dialogue et la responsabilité dans l’élaboration des réformes constitutionnelles et législatives. Il plaide notamment pour une révision globale et cohérente de la Constitution, loin des tensions et des considérations politiques conjoncturelles.
Dans un contexte marqué par des débats politiques soutenus autour de plusieurs réformes institutionnelles et textes législatifs, le président du Forum du Justiciable, Babacar Ba, appelle les autorités sénégalaises à faire preuve de sérénité. Dans une lettre ouverte datée du 14 août 2026 et adressée au chef de l’État et au président de l’Assemblée nationale, il rappelle l’importance de préserver un climat apaisé dans le processus législatif.
Intitulée « Légiférer dans la sérénité », la correspondance met en avant la responsabilité particulière des deux principales institutions concernées par les réformes en cours. Pour Babacar Ba, les modifications de la Constitution et l’adoption des lois ne sauraient être réduites à de simples exercices techniques ou juridiques.
« La révision constitutionnelle et l’adoption des textes de loi ne sauraient être réduites à de simples exercices juridiques : elles représentent des étapes majeures qui engagent l’avenir de la République », souligne-t-il.
Le président du Forum du Justiciable estime que les tensions politiques ne doivent pas prendre le dessus sur l’intérêt général. Dans un contexte de confrontations partisanes, il appelle les acteurs institutionnels à replacer la sérénité au cœur du processus de décision.
« La sérénité constitue le socle de toute législation crédible », écrit Babacar Ba, pour qui un climat apaisé est indispensable à la stabilité des institutions et à la consolidation de l’État de droit.
Selon lui, une loi élaborée dans la précipitation ou sous l’effet des tensions politiques risque de perdre une partie de sa légitimité. « Sans sérénité, la loi risque de se transformer en instrument de confrontation plutôt qu’en outil de régulation et de cohésion nationale », avertit-il.
Le président du Forum du Justiciable invite ainsi les autorités à éviter que les réformes institutionnelles soient dictées par les circonstances politiques immédiates. Il considère que la Constitution, en raison de son importance dans l’organisation de la République, doit faire l’objet d’une attention particulière.
Dans sa lettre, Babacar Ba avance également une proposition concernant la méthode à privilégier pour les réformes constitutionnelles. Plutôt que de procéder par modifications successives et fragmentées, il préconise une démarche globale permettant de prendre en compte les différentes contributions institutionnelles.
Il estime ainsi qu’une révision constitutionnelle intégrant « les observations du Conseil constitutionnel, les propositions du Parlement et les projets de loi du Président » permettrait au Sénégal de disposer d’un texte « solide, serein et consolidé ».
À l’inverse, une réforme menée par étapes sous la pression de l’urgence politique pourrait, selon lui, fragiliser la cohérence de l’architecture institutionnelle. « Une réforme fragmentée ou dictée par l’urgence politique risquerait de fragiliser la cohérence constitutionnelle », prévient-il.
Pour le président du Forum du Justiciable, les autorités doivent donc créer les conditions d’un dialogue suffisamment large autour des réformes qui engagent l’avenir du pays. Cette démarche devrait, à ses yeux, reposer sur « la transparence, le respect des principes démocratiques et l’écoute des citoyens ».
Babacar Ba insiste par ailleurs sur la nécessité d’inscrire l’action législative dans une perspective de long terme. Pour lui, les lois ne doivent pas être conçues en fonction des rapports de force politiques du moment, mais répondre aux intérêts fondamentaux de la Nation.
« Légiférer dans la sérénité, c’est offrir à chaque texte adopté la force de stabilité et l’assurance qu’il sert l’intérêt général », fait-il valoir.
Cette exigence implique, selon lui, de dépasser « les calculs immédiats et les tensions éphémères » pour privilégier des réformes susceptibles de renforcer durablement les institutions républicaines.
Dans sa lettre ouverte, le président du Forum du Justiciable adresse finalement un appel direct au président de la République et au président de l’Assemblée nationale. Il leur demande d’assumer pleinement leur rôle dans la préservation de la stabilité institutionnelle.
« La Nation attend de ses dirigeants qu’ils soient les garants de cette sérénité », écrit-il, estimant que la loi doit rester « un instrument de justice, de régulation et de cohésion sociale ».
À travers cette sortie, Babacar Ba entend ainsi rappeler que les réformes constitutionnelles et législatives doivent être conduites avec suffisamment de recul pour éviter qu’elles ne deviennent le prolongement des affrontements politiques.
Pour le président du Forum du Justiciable, la solidité d’une réforme ne dépend pas uniquement de son contenu juridique. Elle repose également sur la méthode utilisée pour l’élaborer, le niveau de concertation qui l’accompagne et la capacité des acteurs à préserver la confiance des citoyens.