Administration pénitentiaire : La fouille à nu désormais interdite à l’entrée des prisons

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La Direction générale de l’Administration pénitentiaire (DGAP) met fin à la pratique systématique de la fouille à nu lors de l’admission des personnes détenues dans les établissements pénitentiaires du Sénégal. La mesure, annoncée dans une note de service datée du 10 août 2026, vise à mieux préserver la dignité des détenus tout en maintenant les impératifs de sécurité.

Désormais, les personnes nouvellement admises dans les prisons sénégalaises ne devront plus faire l’objet d’une fouille à nu systématique. Dans une note signée par le Directeur général de l’Administration pénitentiaire, l’Inspecteur Aliou Ciss, les responsables des établissements sont invités à revoir les pratiques de fouille conformément aux textes nationaux et aux standards internationaux, notamment les « Règles Mandela » des Nations Unies.

La DGAP reconnaît que la fouille constitue une mesure de sécurité nécessaire pour empêcher l’introduction d’objets ou de produits prohibés dans les établissements pénitentiaires. Toutefois, elle estime que certaines pratiques doivent être davantage humanisées, particulièrement lorsqu’elles portent atteinte à l’intégrité et à la dignité des personnes.

« De façon générale, elle est humiliante, dégradante et porte atteinte à la dignité humaine », souligne ainsi l’Inspecteur Aliou Ciss à propos de la fouille à nu. Il appelle les agents à effectuer les contrôles « avec tact, sans brutalité, dans une parfaite correction et dans le respect de la dignité de la personne humaine ».

La nouvelle directive prévoit la désignation, dans chaque établissement, d’un responsable chargé de superviser les opérations de fouille. Des locaux ou box individuels devront également être aménagés afin de garantir davantage de confidentialité aux personnes concernées.

Concrètement, les agents devront privilégier les contrôles par palpation et les fouilles effectuées en laissant la personne détenue en sous-vêtements. Le déshabillage intégral ne pourra plus être pratiqué de manière systématique.

Des exceptions restent toutefois prévues lorsque les circonstances l’exigent. En présence d’une « présomption précise d’infraction ou d’un risque avéré pour la sécurité », et lorsque les contrôles effectués sur les vêtements ou les sous-vêtements ne permettent pas d’écarter le risque, une fouille à nu pourra exceptionnellement être réalisée.

La note rappelle par ailleurs que les fouilles doivent être effectuées par des agents du même sexe que les personnes détenues.

Cette réforme, qui prend effet immédiatement à compter du 10 août 2026, marque ainsi une volonté de concilier les exigences de sécurité propres au milieu carcéral avec le respect des droits fondamentaux et de la dignité des personnes privées de liberté.

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