Fonds politiques : Souleymane Jules Diop prend la défense d’Aly Ngouille Ndiaye

Souleymane Jules Diop
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Dans une publication, sur sa page Facebook, sur les fonds politiques attribués à la Primature, Souleymane Jules Diop estime qu’Aly Ngouye Ndiaye a raison sur le fond. Selon lui, aucun Premier ministre sénégalais ne dispose, de droit, de fonds politiques. Il distingue toutefois ces fonds des caisses d’avance et des ressources de sécurité qui auraient été transférées à la Primature sous Abdoulaye Wade.

La polémique autour de l’existence et de la gestion des fonds politiques à la Primature continue d’alimenter le débat public au Sénégal. Dans une tribune, Souleymane Jules Diop prend position en faveur de l’ancien ministre Aly Ngouille Ndiaye, vivement critiqué après avoir affirmé qu’avant Ousmane Sonko, aucun Premier ministre ne disposait de fonds politiques.

Pour Souleymane Jules Diop, cette déclaration doit être replacée dans son contexte. Il estime que les réactions suscitées par les propos d’Aly Ngouille Ndiaye reposent en partie sur une confusion entre plusieurs catégories de ressources publiques.

Selon l’ancien conseiller à la Primature, le Premier ministre dispose notamment d’un fonds « Aide et secours », présenté comme une caisse d’avance créée sur autorisation du ministre des Finances et gérée par un régisseur accrédité.

Ces ressources seraient soumises à différents plafonds et feraient l’objet d’un contrôle a posteriori portant notamment sur la nature des dépenses, leur conformité et les justificatifs produits. Souleymane Jules Diop cite également le cas de plusieurs ministères qui disposent de mécanismes similaires, notamment ceux chargés de la Solidarité et de l’Intérieur.

Il distingue ces ressources des fonds dits « politiques », dont la gestion obéirait, selon lui, à une logique différente. Dans sa tribune, Souleymane Jules Diop remonte à l’arrivée au pouvoir d’Abdoulaye Wade en 2000. Il affirme que l’ancien chef de l’État avait décidé de transférer une partie de ses fonds de sécurité à la Primature, ce qui aurait constitué une première.

Ces ressources auraient ensuite été gérées par délégation et de manière discrétionnaire par certains Premiers ministres, avec l’autorisation du président de la République. Selon lui, ces fonds auraient notamment été utilisés dans le cadre d’opérations liées au renseignement et à la sécurité nationale, notamment en Casamance, en Gambie et en Guinée-Bissau.

Souleymane Jules Diop soutient par ailleurs que ces fonds ne seraient pas retracés dans les documents budgétaires classiques et qu’ils échapperaient, par nature, aux mécanismes ordinaires de contrôle. Fort de son expérience d’ancien conseiller à la Primature sous Idrissa Seck, Souleymane Jules Diop affirme avoir été témoin de cette pratique.

Il soutient qu’Abdoulaye Wade avait transféré à Idrissa Seck la gestion d’une partie importante de ces ressources. Il affirme également que cette pratique aurait été maintenue avec les Premiers ministres suivants, notamment Macky Sall et Souleymane Ndéné Ndiaye.

Après l’élection de Macky Sall en 2012, cette tradition aurait, selon lui, été poursuivie en fonction des relations entre le chef de l’État et son Premier ministre. Il avance que les montants concernés pouvaient atteindre environ 50 millions de francs CFA, selon les périodes et les décisions présidentielles.

C’est dans ce contexte que Souleymane Jules Diop interprète les déclarations d’Ousmane Sonko sur les fonds politiques. Selon lui, le Premier ministre actuel aurait utilisé l’expression « fonds politiques » pour désigner des ressources qui, juridiquement et historiquement, relèveraient d’une autre catégorie.

L’ancien conseiller estime ainsi que la déclaration d’Aly Ngouye Ndiaye selon laquelle aucun Premier ministre n’a jamais eu droit, de manière légale, à des fonds politiques est fondée. Il affirme également que seuls le président de la République et le président de l’Assemblée nationale disposent légalement de fonds politiques au Sénégal.

Cette prise de position intervient alors que la question de la gestion des fonds à la Primature fait l’objet d’un débat politique et institutionnel. La distinction entre caisses d’avance, fonds de sécurité et fonds politiques constitue notamment l’un des principaux enjeux de la controverse.

Les affirmations avancées par Souleymane Jules Diop relèvent toutefois de son analyse et de son expérience personnelle de l’administration publique. Leur portée juridique et leur conformité avec le cadre budgétaire actuel restent susceptibles d’être discutées à la lumière des textes en vigueur et des mécanismes de contrôle des finances publiques.

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