Le Dr Mballo Dia Thiam, secrétaire général du SUTSAS et président d’ASAS AND Gueusseum, critique les mesures envisagées pour résoudre les difficultés récurrentes du centre de santé Philippe Maguilène Senghor, confronté aux inondations. Dans une contribution, il estime que la réalisation d’un canal d’évacuation des eaux vers la mer ne saurait remplacer une solution durable, notamment la construction d’un nouvel établissement de santé.
Selon lui, le ministre de la Santé et de l’Hygiène publique et son homologue chargé de l’Assainissement proposeraient, d’après la presse, la réalisation d’un canal pour améliorer l’évacuation des eaux. S’il reconnaît que cette mesure pourrait contribuer à l’assainissement, le responsable syndical considère qu’elle ne répond pas aux difficultés structurelles de l’établissement. Il préconise plutôt la construction d’un nouveau centre de santé susceptible d’être érigé en établissement public de santé (EPS) de niveau 2.
Mballo Dia Thiam s’interroge également sur le coût des interventions successives et sur leur efficacité à long terme, alors que les inondations cycliques continuent d’entraîner des pertes économiques et sociales. Il remet notamment en question la dépendance à un système de pompage dont les défaillances récurrentes auraient montré les limites.
Le responsable syndical évoque, à titre de comparaison, la reconstruction de l’hôpital Aristide Le Dantec, dont les services et les travailleurs avaient été temporairement redéployés vers d’autres structures afin d’assurer la continuité des soins. Il s’interroge sur l’absence, selon lui, d’une décision définitive privilégiant une solution structurelle pour le centre de santé Philippe Maguilène Senghor.
Au-delà des infrastructures, Mballo Dia Thiam appelle à une évaluation rapide des risques sanitaires liés à la pollution et à la contamination consécutives aux inondations. Il estime que le Service national de l’Hygiène, en coordination avec la Protection civile, devrait apprécier la situation et prendre, si nécessaire, les mesures de fermeture temporaire qui s’imposent. À ses yeux, la sécurité des patients et du personnel doit primer avant tout retour dans des locaux dont les conditions sanitaires ne seraient pas rétablies.
Le président d’ASAS AND Gueusseum élargit également son analyse aux moyens consacrés à la prévention sanitaire. Il affirme que le Sénégal compterait 486 agents d’hygiène pour une population estimée à 19 millions d’habitants, soit environ un agent pour 38 000 habitants, sans tenir compte des départs définitifs annuels. Il déplore par ailleurs la situation de l’École des agents d’assainissement et l’insuffisance des recrutements dans le secteur.
Sur le plan réglementaire, il soulève la question de l’actualisation du Code de l’hygiène, qu’il juge obsolète, ainsi que celle de l’évolution du Code de la santé. Il plaide pour une meilleure cohérence du cadre juridique encadrant l’hygiène publique au Sénégal.
Mballo Dia Thiam rappelle par ailleurs l’accord du 25 mars conclu entre le Gouvernement et AND Gueusseum, sous l’autorité du ministre Abdoulaye Diouf Sarr. Il insiste sur l’importance du projet d’érection d’une École d’ingénieurs en hygiène à Khombole, qu’il présente comme une réponse au déficit de ressources humaines qualifiées dans les domaines de l’hygiène et de l’assainissement.
Tout en saluant les efforts du Service national de l’Hygiène, qu’il estime confronté à des moyens limités, il demande un renforcement de ses ressources humaines, financières et techniques. Il déplore également que la Direction générale de l’Hygiène, annoncée dans le cadre de la réorganisation des services de l’État, n’ait pas encore été effectivement créée. Selon lui, le manque de clarification institutionnelle risque d’entraîner des conflits de compétences et des chevauchements de responsabilités.
Enfin, le secrétaire général du SUTSAS réitère son appel au président de la République, Bassirou Diomaye Faye, en faveur de la délocalisation du centre de santé Philippe Maguilène Senghor et de l’hôpital de Richard-Toll. Concernant cette dernière structure, il évoque les difficultés liées à la remontée de la nappe phréatique et à l’évacuation des eaux usées, qui nécessiteraient le recours à une quinzaine de camions de vidange chaque semaine, selon les informations qu’il rapporte.
Pour Mballo Dia Thiam, ces difficultés soulignent la nécessité de dépasser les interventions ponctuelles au profit de solutions structurelles et durables, afin de garantir aux populations des infrastructures sanitaires adaptées aux exigences de prévention, de soins et de protection de la santé publique.



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