L’offensive parlementaire de Sonko et Pastef…contre Diomaye et son régime

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Convoqué pour le lundi 10 août 2026 à 10 heures par le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, le Bureau du Parlement a fixé le démarrage de la première session extraordinaire de l’année législative 2026-2027. Cette convocation marque une étape stratégique dans le déploiement politique du parti Pastef, qui entend réaffirmer son emprise sur l’agenda institutionnel et imposer ses priorités de gouvernance et de contrôle au cœur de la vie publique.

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Au cœur des travaux fixés par l’arrêté du président de l’institution, l’ordre du jour comporte l’examen de onze textes majeurs : deux propositions de loi, trois projets de loi ainsi que la création de six commissions d’enquête parlementaire. Ce programme particulièrement dense reflète la volonté de la majorité d’amorcer une offensive d’envergure sur les chantiers de la reddition des comptes, de la transparence budgétaire et de la réorganisation des règles institutionnelles.

Parmi les initiatives législatives les plus symboliques figure la proposition de loi portant modification de l’article 37 de la Constitution, relatif à la déclaration de patrimoine du président de la République. En réinscrivant ce texte à l’ordre du jour après sa déclaration de recevabilité en juillet dernier, la majorité conduite par Ousmane Sonko fixe un standard élevé de transparence et d’exemplarité imposé au plus haut sommet de l’Exécutif.

Dans la même dynamique de cadrage des prérogatives gouvernementales, les députés examineront la proposition de loi portant encadrement des crédits spéciaux et autres fonds secrets. En ciblant la gestion de ces enveloppes discrétionnaires de l’État, Pastef marque sa volonté de rationaliser les dépenses publiques et de restreindre les marges de manœuvre financières traditionnellement accordées à la présidence et aux ministères de souveraineté.

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En parallèle du volet législatif, l’action parlementaire s’appuie sur l’activation simultanée de six commissions d’enquête. Celles-ci ont pour mission d’auditer des dossiers fonciers et domaniaux sensibles, notamment les manquements dans la gestion de différents lotissements, les occupations du domaine public maritime et les cessions jugées irrégulières d’immeubles du patrimoine bâti de l’État à des particuliers.

Les investigations des députés s’étendront également à des mécanismes financiers complexes utilisés par le gouvernement, tels que les opérations de type TRS, ainsi qu’aux irrégularités signalées dans le programme « Un étudiant, un ordinateur » du ministère de l’Enseignement supérieur (MESRI). Ce marché, représentant un engagement cumulé estimé à 48 milliards de francs CFA depuis 2017 à raison de 6 milliards par an, sera scruté dans ses procédures de passation et d’exécution.

Ce déploiement parlementaire massif positionne le président de l’Assemblée nationale comme l’architecte du contrôle institutionnel et de l’assainissement de la gestion publique. En concentrant les travaux sur la révision constitutionnelle et la vérification des comptes de l’État, Pastef affirme la prééminence du pouvoir législatif dans l’orientation politique et la trajectoire de rupture affichée par le régime.

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Le député Thierno Alassane Sall

Cette démonstration de force suscite toutefois de vives réactions au sein de l’opposition, à l’instar du député Thierno Alassane Sall qui dénonce la « duplicité » de la majorité. Ce dernier reproche aux députés de Pastef le blocage persistant du dossier ASER/AEE Power EPC, un différend portant sur 37 milliards FCFA et l’électrification de 1 600 villages, estimant que la majorité sélectionne les enquêtes en fonction de ses intérêts stratégiques.

L’ouverture de cette session extraordinaire s’annonce ainsi comme un moment fort du calendrier politique. Entre rigueur institutionnelle affirmée et débats passionnés avec l’opposition, Ousmane Sonko et Pastef transforment l’Assemblée nationale en pivot stratégique de leur action réformatrice et de leur rapport de force politique.

 

La rédaction de Xibaaru

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