À la suite de la condamnation du Sénégalais Modou Ngom à 22 ans et 6 mois de prison aux États-Unis, Horizon Sans Frontières (HSF) appelle les autorités sénégalaises à renforcer l’assistance consulaire aux compatriotes confrontés à des procédures judiciaires à l’étranger. L’organisation, dirigée par Boubacar Sèye, plaide notamment pour la création d’une cellule nationale dédiée à leur accompagnement.
Dans un communiqué, HSF dit prendre acte de la décision judiciaire et exprime sa compassion à la famille américaine endeuillée par la mort de trois de ses membres. L’organisation souligne que la solidarité envers un compatriote ne doit pas occulter la souffrance des victimes et de leurs proches.
Toutefois, cette condamnation doit, selon HSF, ouvrir une réflexion sur les mécanismes d’accompagnement proposés aux Sénégalais confrontés à la justice hors de leur pays. Pour l’organisation, aucun citoyen ne devrait être laissé seul face aux conséquences humaines, juridiques et financières d’une telle épreuve, ni voir sa famille contrainte d’affronter seule les difficultés liées à la procédure.
Dans cette perspective, HSF interpelle les autorités sénégalaises, notamment le ministère chargé des Sénégalais de l’extérieur, sur la nécessité de renforcer l’accompagnement consulaire de Modou Ngom et de faciliter, en coordination avec ses avocats, l’examen des éventuelles voies de recours prévues par la législation américaine.
Au-delà de ce dossier, Horizon Sans Frontières réclame la création urgente d’une cellule nationale d’assistance aux Sénégalais détenus à l’étranger. Cette structure serait chargée de coordonner le suivi des dossiers avec les représentations diplomatiques et consulaires, d’orienter les familles et de faciliter leur accès à des informations fiables sur les procédures en cours.
HSF propose également la désignation d’un référent clairement identifié au sein du ministère compétent. Cette cellule pourrait recenser les situations, identifier les cas les plus urgents et améliorer la coordination entre les services de l’État, les associations de défense des droits humains et les autres acteurs concernés.
Pour l’organisation, un tel dispositif permettrait d’assurer un accompagnement adapté aux réalités judiciaires de chaque pays, tout en tenant compte de la complexité et du coût des procédures à l’étranger.
HSF précise que cette démarche ne vise ni à contester systématiquement les décisions des juridictions étrangères ni à soustraire les ressortissants sénégalais à leurs responsabilités devant la loi. Il s’agit plutôt de prévenir leur isolement et de garantir un accompagnement dans le respect de la souveraineté judiciaire des pays concernés.
Dans son communiqué, l’organisation estime que la protection des Sénégalais à l’étranger ne peut se limiter à des déclarations de solidarité lorsque des affaires prennent une dimension médiatique. Elle plaide pour un mécanisme permanent, structuré et accessible aux familles, indépendamment de la gravité ou de la médiatisation des dossiers.
Pour Boubacar Sèye, président d’Horizon Sans Frontières et consultant-chercheur en migrations internationales, l’affaire Modou Ngom doit constituer un « électrochoc institutionnel ». Il appelle les autorités sénégalaises, les professionnels du droit, les associations de la diaspora et les organisations de défense des droits humains à unir leurs efforts autour d’une approche responsable, respectueuse des victimes et fondée sur le droit.
HSF conclut en rappelant que la protection consulaire ne doit pas être une faveur accordée au cas par cas, mais une mission organisée au service des citoyens sénégalais.



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