FADP : La FACS demande la révision des critères d’éligibilité et appelle à une gestion concertée

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La Fédération des Acteurs de la communication et de l’information du Sénégal (FACS) appelle à revoir les critères d’éligibilité au Fonds d’appui et de développement de la presse (FADP). Réuni le mercredi 2 septembre 2026 à Dakar, le Bureau exécutif national de l’organisation a examiné les difficultés rencontrées par plusieurs entreprises de presse dans le dépôt de leurs demandes de subvention auprès de l’administrateur du Fonds.

À l’issue de cette réunion, la FACS a demandé à ses entreprises membres de surseoir au dépôt de leurs demandes, dans l’attente d’une concertation avec les acteurs du secteur et de l’adoption de critères jugés davantage adaptés à la réalité actuelle des entreprises de presse sénégalaises.

Selon la fédération, plusieurs entreprises éprouvent des difficultés à satisfaire les conditions d’éligibilité actuellement exigées. Elle explique cette situation par les difficultés économiques et financières que traverse le secteur depuis plusieurs années, mais aussi par « leurs niveaux différents de formalisation et de structuration ».

Pour la FACS, les critères appliqués par le FADP doivent tenir compte de la diversité des entreprises de presse présentes aujourd’hui au Sénégal. L’organisation estime que les textes encadrant le secteur n’ont pas suffisamment suivi l’évolution rapide des médias et des modèles économiques de la presse.

Le Bureau exécutif national se fonde notamment sur « le retard accusé par les textes qui encadrent le secteur des médias sur l’évolution rapide des entreprises de presse et des médias ». La fédération considère ainsi qu’une application stricte de textes anciens risque d’exclure une partie des entreprises du dispositif d’appui public.

La FACS porte également un regard critique sur le fonctionnement du FADP depuis sa création en 2021. Selon elle, le Fonds n’aurait pas encore véritablement développé les mécanismes nécessaires pour financer les investissements et accompagner durablement les entreprises de presse.

« Depuis sa création en 2021, le FADP a toujours fonctionné comme la subvention classique d’aide à la presse mais jamais comme un Fonds qui appuie le développement de l’entreprise de presse », affirme la fédération. Elle estime notamment que l’administration du Fonds ne disposerait pas encore de l’expertise suffisante pour instruire et accompagner des projets d’investissement portés par les entreprises de presse.

La FACS pointe également l’absence de plusieurs instruments qu’elle juge indispensables à une véritable politique de financement du développement des entreprises de presse. Elle relève notamment l’absence d’un « comité de crédit qualifié à instruire les demandes de financement de projets d’entreprises », mais aussi de lignes de crédit auprès des banques et de mécanismes de garantie.

« Depuis 2021, le Fonds ne dispose toujours pas de véhicules et leviers financiers et techniques nécessaires pour remplir sa mission de financer des projets d’investissement portés par les entreprises de presse », déplore la fédération. Pour la FACS, ces insuffisances limitent donc la capacité du FADP à jouer pleinement son rôle de soutien au développement et à la modernisation du secteur.

Face à cette situation, la Fédération des Acteurs de la communication et de l’information du Sénégal propose une administration concertée du FADP avec les acteurs de la presse. La FACS souhaite notamment renouer avec le modèle de concertation qui avait été mis en place en 2021, première année d’application des textes encadrant le fonctionnement du Fonds.

Elle demande ainsi que cette approche concertée soit privilégiée « en lieu et place de l’application sans discernement de textes obsolètes ». La fédération cite notamment le Code de la presse de 2017 ainsi que les décrets n°2021-171 et n°2021-178 du 27 janvier 2021, qui encadrent respectivement les avantages et obligations des entreprises de presse ainsi que l’organisation et le fonctionnement du FADP.

Pour permettre à toutes les catégories d’entreprises de presse de bénéficier du dispositif, la FACS avance plusieurs propositions. La première consiste à réactualiser et adapter le tableau officiel de répartition du Fonds utilisé entre 2021 et 2023. Selon la fédération, ce mécanisme présente l’avantage de prendre en compte les différents niveaux de conformité et de structuration des entreprises.

L’objectif serait également d’inciter les entreprises à améliorer progressivement leur organisation et leur niveau de formalisation. « Il offre l’avantage de tenir compte de différents niveaux de mise en conformité et de structuration des entreprises de presse, et d’inciter les entreprises à se formaliser davantage pour recevoir plus de subvention », explique la FACS.

La deuxième proposition porte sur la mise en place d’un programme de formalisation et de structuration des entreprises de presse. La FACS suggère que ce programme soit initié par le ministère chargé de la Communication, sur une période de deux ans, en partenariat avec des structures spécialisées dans l’accompagnement des entreprises, à l’image de l’ADEPME.

Une partie de l’enveloppe annuelle du FADP pourrait, selon la fédération, être consacrée au financement de ce dispositif. L’objectif serait d’accompagner progressivement les entreprises afin qu’elles puissent se conformer aux exigences réglementaires et administratives. La FACS propose qu’« toute entreprise accompagnée par le Programme se doit d’être en parfaite conformité la troisième année pour pouvoir continuer de bénéficier des avantages du Fonds ».

À travers ces propositions, la FACS entend donc promouvoir une approche progressive de la mise en conformité, tout en maintenant l’accès des entreprises de presse aux mécanismes d’aide publique. La fédération appelle ainsi à une nouvelle concertation entre l’administration et les professionnels des médias afin de faire évoluer le fonctionnement du FADP et de l’adapter aux réalités économiques et structurelles du secteur de la presse sénégalaise.

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Par la rédaction

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