Mendicité et populations migrantes à Dakar : Daour Malick Ndoye appelle les autorités traditionnelles africaines à agir
Face à la précarité de certaines populations migrantes vivant à Dakar, le coordonnateur régional pour l’Afrique de l’Ouest du Conseil africain de la gouvernance traditionnelle (AIGC/CAGT), SRM Daour Malick Ndoye, appelle les autorités traditionnelles africaines à engager une réflexion collective sur les causes et les réponses à apporter à cette situation.
Dans une correspondance adressée aux Rois, Reines, Chefs traditionnels et autorités coutumières d’Afrique, Daour Malick Ndoye estime que la situation de certaines populations migrantes installées dans des conditions précaires à Dakar dépasse le seul cadre national.
« Dakar accueille depuis plusieurs années des populations migrantes, dont certaines vivent dans des abris provisoires et dans des conditions extrêmement précaires », souligne-t-il. Il s’inquiète particulièrement de la situation des jeunes et des mineurs qui, selon lui, peuvent grandir dans ces conditions sans bénéficier d’un accès régulier à l’éducation, aux soins ou à une protection adaptée.
Le responsable Lebou attire également l’attention sur les conditions sanitaires et sociales dans lesquelles vivent certaines de ces populations. « Nous devons également nous interroger sur les conditions sanitaires et sociales dans lesquelles vivent ces populations : accès à l’eau, assainissement, soins médicaux, scolarisation des enfants, protection des mineurs, encadrement familial », écrit-il.
Concernant les informations faisant état d’éventuelles formes d’exploitation ou d’activités illicites, Daour Malick Ndoye appelle à la prudence. « Ces informations doivent naturellement être vérifiées par les autorités compétentes, car il est essentiel d’éviter les amalgames et les accusations collectives », précise-t-il.
La question des stupéfiants constitue également une source de préoccupation. Évoquant notamment le « kush », il estime que « la consommation et la circulation de certaines drogues nouvelles […] suscitent de graves inquiétudes quant à leurs conséquences sur la jeunesse ». Il appelle toutefois les services compétents à établir précisément les faits et les responsabilités.
Pour Daour Malick Ndoye, les opérations de rapatriement ne peuvent, à elles seules, régler durablement le problème. « Le véritable enjeu est donc de comprendre les causes profondes de cette mobilité et de rechercher une réponse africaine coordonnée », soutient-il.
Il pose plusieurs questions aux autorités du continent : « Pourquoi certaines personnes quittent-elles leur pays pour venir s’installer durablement dans les rues de Dakar ? Pourquoi certains mineurs grandissent-ils dans ces conditions sans accès régulier à l’école, aux soins et à une protection adaptée ? »
Le coordonnateur régional propose notamment une coopération entre les pays d’origine, de transit et d’accueil autour de l’identification et de la protection des mineurs, de l’accès à l’éducation et aux soins, de la lutte contre la traite et l’exploitation, ainsi que de la prévention du trafic de stupéfiants.
Il insiste également sur la nécessité de préserver la dignité des personnes concernées. « Il ne s’agit nullement de stigmatiser une nationalité, une communauté ou une confession. Il ne s’agit pas non plus de remettre en cause l’hospitalité légendaire du Sénégal », affirme-t-il.
Selon lui, l’objectif doit être de trouver « un équilibre entre hospitalité, dignité humaine, respect des lois, protection des populations vulnérables, sécurité publique et responsabilité collective africaine ».
Dans cette perspective, il appelle les autorités traditionnelles à prendre part au débat. « Notre continent ne peut pas laisser les États porter seuls cette responsabilité. Les autorités traditionnelles ont également un rôle important à jouer dans la prévention, la sensibilisation, la médiation et la recherche de solutions humaines et durables », estime-t-il.
Daour Malick Ndoye lance un appel à « la sagesse, à la responsabilité et à la solidarité des autorités traditionnelles africaines » et souhaite l’ouverture d’un dialogue susceptible de déboucher sur des propositions communes aux gouvernements. « C’est ensemble, en tant qu’Africains, que nous devons chercher une réponse africaine à un problème africain », conclut-il.