La Division nationale de lutte contre le trafic de migrants (DNLT) a démantelé un réseau présumé spécialisé dans la vente de documents d’état civil sénégalais à des ressortissants étrangers à Saly, sur la Petite Côte. Selon des informations rapportées par Libération ce lundi, un suspect a été déféré au parquet de Mbour le 22 octobre pour faux et usage de faux et obtention indue de documents sénégalais.
L’affaire a débuté le 20 octobre, lorsque l’antenne de la DNLT de Saly a été informée qu’un individu identifié comme Abdou K. D., domicilié à Saly Vélingara, faisait photocopier plusieurs certificats d’accouchement dans un multiservice de la localité.
Soupçonné d’être impliqué dans un trafic de documents d’identité au profit d’étrangers, il a été approché par un agent de la DNLT qui s’est fait passer pour un demandeur d’extrait de naissance auprès de son épouse. Après avoir obtenu son numéro de téléphone et fixé un rendez-vous, les enquêteurs ont procédé à son interpellation.
La perquisition effectuée au domicile du suspect a permis de découvrir plusieurs documents administratifs. Il s’agit notamment d’extraits de naissance provenant de 19 centres d’état civil différents, de certificats de nationalité, d’extraits de jugement et de jugements d’audience foraine établis au bénéfice d’étrangers.
Les enquêteurs ont également saisi huit copies de certificats d’accouchement, des copies vierges d’extraits de naissance ainsi que trois extraits appartenant au mis en cause : deux sénégalais et un guinéen. Selon les éléments de l’enquête rapportés par Libération, l’extrait guinéen serait faux, tandis que l’un des documents sénégalais, obtenu en 2005, serait fictif.
Entendu par les enquêteurs, Abdou K. D. a soutenu que les documents retrouvés chez lui lui avaient été remis par des personnes sollicitant des certificats de nationalité. Il a expliqué qu’il en conservait des copies pour constituer les dossiers de dépôt.
Concernant un certificat d’accouchement, il a affirmé qu’un client le lui avait confié pour obtenir un extrait de naissance pour son enfant. Or, selon les informations rapportées, les émargements avaient été effacés, à l’exception du cachet et du nom de la sage-femme du centre de santé de Saly Tapée.
Convoquée à son tour, cette dernière a déclaré ne pas connaître l’existence de ce document présenté comme faux.
Les demandes d’authentification adressées aux différents centres d’état civil concernés ont permis d’établir que huit documents étaient authentiques. Selon les éléments rapportés, cette découverte laisse envisager un système passant par les audiences foraines pour obtenir des extraits de naissance sénégalais au profit d’étrangers, sans nécessairement recourir à une falsification des documents eux-mêmes.
Déféré au parquet de Mbour le 22 octobre, Abdou K. D. reste concerné par une enquête qui se poursuit afin de préciser les contours de cette affaire et les éventuelles responsabilités des personnes impliquées.



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