Mandat présidentiel : Cheikhou Oumar Sy estime que cinq ans suffisent pour poser les bases du développement
Les déclarations d’Arona Coumba Ndoffène Diouf, selon lesquelles aucun chef d’État ne peut développer le Sénégal en cinq ans, continuent de susciter des réactions. Le président de l’Observatoire de Suivi des Indicateurs du Développement en Afrique (OSIDEA), Cheikhou Oumar Sy, a apporté sa lecture du débat, estimant que la question de la durée du mandat ne doit pas occulter les véritables enjeux du développement.
Pour l’ancien député, il est erroné d’attendre d’un président qu’il transforme totalement un pays au cours d’un seul mandat. « En réalité, personne ne demande à un Président de « développer » un pays en un seul mandat, qu’il soit de cinq ou de sept ans. Le développement est, par nature, un processus continu qui s’inscrit dans le temps long », affirme-t-il.
Cheikhou Oumar Sy considère toutefois qu’un quinquennat est largement suffisant pour engager des réformes structurantes. « Il est tout à fait possible, en cinq ans, de jeter les bases solides d’un développement durable, à condition de disposer d’une vision claire, d’un leadership inspirant et de politiques publiques cohérentes », soutient-il.
Le président de l’OSIDEA insiste également sur la priorité à accorder au capital humain. Selon lui, « le véritable chantier du développement est avant tout celui de l’éducation ». Il rappelle que « le développement ne se résume pas à la construction d’infrastructures. Il consiste surtout à bâtir des capacités humaines capables de créer de la richesse, d’innover et de soutenir durablement la compétitivité nationale ».
Évoquant la question de la durée du mandat présidentiel, Cheikhou Oumar Sy estime qu’un allongement ne constitue pas une garantie de réussite. « À l’inverse, prolonger la durée d’un mandat ne garantit en rien le développement. Sans vision, sans méthode et sans gouvernance efficace, sept années peuvent être tout aussi insuffisantes que cinq », prévient-il.
L’ancien parlementaire se montre particulièrement critique à l’égard du débat sur une éventuelle révision de la durée du mandat. « Rouvrir le débat sur la durée du mandat présidentiel à mi-parcours apparaît aujourd’hui comme une véritable hérésie politique et une perte de temps », tranche-t-il, appelant à concentrer les efforts sur les réformes économiques et sociales attendues par les Sénégalais.
Cheikhou Oumar Sy invite à inscrire l’action présidentielle dans une vision de long terme. « La responsabilité d’un Président n’est pas d’achever le développement en cinq ans, mais de poser des fondations suffisamment solides pour que la Nation poursuive sa marche vers la prospérité », affirme-t-il.
Selon lui, « le véritable héritage d’un chef d’État ne se mesure ni en cinq ni en sept années, mais à la force des institutions qu’il laisse, à la qualité du capital humain qu’il a contribué à former et à la trajectoire durable qu’il aura imprimée au pays ».