Bassirou Dieng dénonce une « trahison » et défend la constance de Serigne Moustapha Sy

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Les relations entre Serigne Moustapha Sy et Pastef continuent d’alimenter le débat politique sénégalais. Dans une tribune, Bassirou Dieng, membre de Kiiraay, Les Patriotes Républicains, prend la défense du guide religieux et estime que la rupture avec Ousmane Sonko et son camp ne traduit pas un changement de position de sa part, mais plutôt une déception née du comportement de ses anciens alliés.

Pour l’auteur, Serigne Moustapha Sy est resté fidèle à ses convictions. Il rappelle notamment le soutien apporté par le guide religieux à Ousmane Sonko et à Pastef durant les périodes les plus difficiles de leur parcours politique. Un engagement que Bassirou Dieng présente comme particulièrement significatif dans un contexte où, selon lui, d’autres acteurs avaient choisi de se rapprocher du pouvoir de Macky Sall.

Bassirou Dieng revient sur le rôle joué par Serigne Moustapha Sy dans les années précédant l’arrivée de Pastef au pouvoir. Il considère que le guide religieux avait pris des positions courageuses en faveur d’Ousmane Sonko alors que celui-ci était confronté à de fortes pressions politiques et judiciaires.

L’auteur estime que cet engagement aurait dû être suivi d’une reconnaissance de la part de Pastef. Il déplore au contraire ce qu’il qualifie de « mépris » et de « diabolisation » à l’égard du leader du Parti de l’unité et du rassemblement (PUR).

Pour Bassirou Dieng, le refus de Serigne Moustapha Sy de recevoir Ousmane Sonko s’inscrit dans cette détérioration des relations. Il y voit moins un revirement politique qu’une conséquence directe d’une rupture de confiance.

À l’inverse, l’auteur de la tribune salue la visite effectuée par le président Bassirou Diomaye Faye auprès de Serigne Moustapha Sy en prélude au Gamou. Une démarche qu’il interprète comme un geste de reconnaissance à l’endroit du guide religieux pour son rôle dans le processus ayant conduit à l’alternance politique.

Selon Bassirou Dieng, cette rencontre témoigne d’une volonté de « rendre à César ce qui appartient à César » et de reconnaître la contribution des différents acteurs ayant accompagné l’accession du nouveau régime au pouvoir.

La tribune ne se limite toutefois pas aux relations entre Serigne Moustapha Sy et Pastef. Bassirou Dieng élargit son propos à la gestion des affaires publiques et reproche au pouvoir actuel de s’être, selon lui, éloigné de certaines promesses faites autour de la transparence et de la reddition des comptes.

Il met notamment en avant la controverse autour des fonds spéciaux du président de l’Assemblée nationale, ainsi que la question des crédits spéciaux destinés aux fonds « Jam pour la Paix » en Casamance.

L’auteur évoque également l’utilisation de 3,7 milliards de francs CFA qu’il attribue à Ousmane Sonko et affirme que ces fonds auraient notamment servi à l’acquisition de véhicules et à des travaux de réfection du Building administratif. Ces accusations, formulées dans sa tribune, constituent selon lui une source de préoccupation particulière au regard des objectifs initialement associés aux fonds destinés à la Casamance.

Autre sujet évoqué : le dossier de l’Agence sénégalaise d’électrification rurale (ASER). Bassirou Dieng reproche à Ousmane Sonko de ne pas avoir, selon lui, accordé suffisamment d’attention à cette affaire avant l’engagement de la procédure judiciaire. Pour le membre de la mouvance présidentielle, ce dossier participe d’un ensemble de décisions qui alimentent désormais la déception d’une partie de l’opinion à l’égard du pouvoir.

À travers cette tribune, Bassirou Dieng défend donc l’idée d’une continuité dans les positions de Serigne Moustapha Sy. Selon lui, ce n’est pas le guide religieux qui aurait changé, mais les rapports entre celui-ci et Pastef qui se seraient profondément détériorés. Une rupture qu’il inscrit dans un contexte politique plus large, marqué par des débats sur la transparence, la gestion des fonds publics et le respect des engagements pris devant les Sénégalais.

Bassirou Dieng estime que l’opinion publique sera appelée à apprécier les choix opérés par les différents acteurs. « Le peuple ne dort pas », écrit-il, convaincu que les Sénégalais sauront, le moment venu, tirer les conséquences de l’évolution de la situation politique.

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