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Com’ d’État…la guerre des mots, le fléau du régime de Diomaye

La récente sortie de Arona Coumba Ndoffène Diouf, appelant à « piéger » et à « arrêter » Ousmane Sonko lors d’une conférence de presse de Kiiraay, a mis le feu aux poudres dans le paysage politique sénégalais. Le fondateur d’Afrikajom Center, Alioune Tine, a fustigé une « surenchère idiote pour se faire entendre », dénonçant une logique des réseaux sociaux où le buzz et les invectives priment sur la vérité. Au-delà de ce dérapage verbal qui a enflammé la Toile, cet épisode illustre à quel point les erreurs de communication et les prises de parole incontrôlées de l’entourage et des soutiens du régime de Bassirou Diomaye Faye constituent désormais un véritable handicap pour le pouvoir en place.

arona coumba ndoffene diouf

Dès le départ, la déclaration de l’ancien ministre (bien que celui-ci se soit par la suite défendu en invoquant une métaphore purement politique pour « freiner » le Premier ministre par les urnes) a immédiatement été instrumentalisée et amplifiée. Le parti au pouvoir, PASTEF, y a vu un appel à la neutralisation physique, transformant en quelques heures une pique politicienne en une affaire d’État ultrasensible. Cet embrasement médiatique met en lumière l’incapacité de certains acteurs à mesurer l’impact explosif de leurs mots dans un climat politique national déjà extrêmement polarisé.

Pour l’exécutif, ce type de polémique à répétition démontre la fragilité de sa stratégie d’information et l’absence d’un cordon sanitaire étanche autour de ses soutiens institutionnels. Plutôt que de porter le projet de transformation systémique et de sobriété institutionnelle prôné par le président Bassirou Diomaye Faye, le pouvoir se retrouve en permanence piégé par des déclarations intempestives. La majorité élargie souffre d’un manque criant de discipline collective, où chaque sympathisant ou ancien allié cherche à exister médiatiquement au détriment de la cohérence gouvernementale.

Et c’est là où la déclaration d’Alioune Tine prend tout son sens. Le piège des réseaux sociaux et la course effrénée aux « vues » poussent les acteurs politiques à surenchérir dans l’outrance. En cédant à cette logique d’instantanéité et d’invective, l’entourage et les satellites du régime s’abaissent souvent au niveau des polémiques stériles. Cette perméabilité aux bruits de couloir et aux provocations numériques affaiblit la stature et la solennité que requiert la gestion des affaires de l’État.

diomaye

Sur le plan stratégique, l’agenda du gouvernement se trouve ainsi vampirisé par la gestion des crises artificielles. Alors que le président de la République et son équipe s’attellent à redresser les finances publiques et à mettre en œuvre les réformes structurelles promises aux Sénégalais, l’opinion publique est accaparée par des polémiques nées de déclarations inappropriées. Les efforts de pédagogie de l’action publique se heurtent systématiquement au mur du bruit médiatique généré par la propre famille politique du régime.

L’opposition et les détracteurs du pouvoir trouvent dans ces ratés répétés une opportunité inespérée pour fragiliser l’image de la gouvernance actuelle. Chaque écart de langage est capitalisé pour accuser le régime d’amateurisme ou d’incapacité à pacifier l’espace public. Au lieu d’imposer son propre rythme et d’occuper le terrain sur des réalisations concrètes, l’exécutif est contraint de passer son temps à éteindre des incendies verbaux provoqués par ses propres camps.

Cette cacophonie détériore également les rapports de confiance avec la société civile et les observateurs indépendants. Des figures morales comme Alioune Tine ne cessent de tirer la sonnette d’alarme face à la dégradation du débat public, renvoyant dos-à-dos les extrêmes et rappelant que la démocratie a besoin de sérénité. Le manque de retenue des soutiens officiels ou officieux du régime érode progressivement le capital de sympathie et l’exemplarité éthique qui ont mené Bassirou Diomaye Faye au pouvoir.

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Alioune Tine, fondateur d’afrikaJom center et ancien de la Raddho

Sur la scène internationale, ce désordre communicationnel n’est pas sans conséquence. Les partenaires techniques et financiers, ainsi que les investisseurs étrangers, scrutent la stabilité politique et la prévisibilité institutionnelle du Sénégal. Les polémiques permanentes et les tensions verbales autour des têtes d’affiche du régime sèment le doute sur la cohésion réelle au sommet de l’État et sur la solidité de la boussole politique du pays.

Pour inverser cette tendance destructrice, une reprise en main vigoureuse de la communication présidentielle et de son écosystème s’avère indispensable. Le président Bassirou Diomaye Faye doit impérativement imposer une discipline de fer et un code de conduite strict à l’ensemble de ses collaborateurs et alliés. Sans un verrouillage professionnel de la parole officielle et une concentration absolue sur les résultats socio-économiques, les erreurs de communication de son entourage continueront d’empoisonner le mandat présidentiel et de constituer son plus grand talon d’Achille.

La rédaction de Xibaaru

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