Des projets « précis et chiffrés »…la méthode Diomaye face aux jeunes

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L’installation officielle du Conseil consultatif des Jeunes du Sénégal (CCJS), effectuée le 29 septembre 2026 au Grand Théâtre national de Dakar par le président Bassirou Diomaye Faye, a posé les jalons d’un renouvellement profond de la relation entre le sommet de l’État et la jeunesse. Loin des grand-messes protocolaires habituelles, cette rencontre a donné le ton d’une gouvernance voulue plus exigeante, axée sur la responsabilisation directe des acteurs.

En prenant la parole face aux nouveaux membres du CCJS, le chef de l’État a immédiatement écarté les postures de complaisance et les allocutions purement convenues. Le président a signifié qu’il n’attendait pas de cette instance des approbations systématiques, mais un diagnostic sans complaisance des réalités vécues par la jeunesse, assorti d’un avertissement ferme et direct concernant l’usage des réseaux sociaux.

À cet égard, le chef de l’État a lancé un appel vibrant à un usage responsable, éthique et constructif du numérique. Il a exhorté les jeunes à ne pas transformer ces plateformes en espaces d’invectives, de désinformation ou de manipulation politique, rappelant avec insistance que les réseaux sociaux doivent demeurer des leviers d’apprentissage, d’innovation, d’engagement citoyen et de création de valeur économique plutôt que des vecteurs de division sociale.

Au cœur de l’injonction présidentielle figure l’exigence d’une méthode de travail rigoureuse : désormais, les doléances doivent s’effacer au profit de propositions « précises, chiffrées et praticables ». Pour Diomaye, l’efficacité de la décision publique dépend directement de la qualité des dossiers transmis par la jeunesse, qui doit apporter des analyses opérationnelles et techniquement étayées.

Conseil consultatif de la jeunesse

Cette nouvelle démarche s’inscrit en droite ligne dans la mise en œuvre de l’Agenda Sénégal 2050, le référentiel stratégique des politiques publiques. En exigeant des projets quantifiés, le pouvoir exécutif entend intégrer directement les contributions des jeunes dans les arbitrages budgétaires et les plans sectoriels de développement à court et moyen termes.

Ce cap marque également le prolongement direct des engagements pris lors du rassemblement de Thiès, où l’idée d’un dialogue direct et institutionnalisé avait été actée. L’officialisation du CCJS concrétise la promesse de doter la jeunesse d’une tribune permanente, à condition que celle-ci conserve son autonomie critique et son sens du résultat.

En réinventant la symbolique traditionnelle du « pénc » (l’espace communautaire de concertation et d’arbitrage), le président de la République cherche à associer la démocratie participative locale aux exigences de l’État moderne. L’objectif affiché est d’éviter la centralisation dakaroise pour faire remonter les aspirations des territoires les plus enclavés.

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Pour les conseillers nouvellement installés, la charge est particulièrement lourde. Ils sont appelés à rompre avec la posture d’éternels demandeurs pour devenir de véritables coproducteurs des politiques publiques, capables de dialoguer sur un pied d’égalité technique avec les ministères sectoriels et les partenaires au développement.

Cet appel à la rigueur et à l’éthique numérique constitue autant un défi pour le CCJS qu’un test pour l’Exécutif lui-même. L’efficacité du dispositif reposera sur la capacité des autorités à traiter rapidement ces feuilles de route chiffrées et à leur apporter des réponses financières et opérationnelles crédibles.

En posant ce contrat de méthode, Bassirou Diomaye Faye fixe un niveau d’exigence inédit pour la représentation de la jeunesse sénégalaise. Le succès de cette initiative se mesurera à la capacité du CCJS à transformer l’enthousiasme de sa prise de fonction en projets bancables et en réformes concrètes pour le pays. Le président de la République imprime ainsi sa marque. Reste désormais à voir les résultats de telles initiatives !

La rédaction de Xibaaru

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