Fonds politiques : Abdourahmane Diouf dénonce un « double discours » de la majorité parlementaire

Abdourahmane Diouf
0

Le ministre du Pétrole et membre de la coalition KIIRAAY / Les Patriotes Républicains, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, s’oppose vivement à la proposition de loi de l’Assemblée nationale sur la réforme des crédits spéciaux, communément appelés fonds politiques. Il estime que le texte parlementaire pourrait avoir des conséquences sur le soutien aux foyers religieux et dénonce ce qu’il qualifie de « double standard ».

La réforme des crédits spéciaux suscite une nouvelle réaction. Le ministre du Pétrole et superviseur général adjoint de KIIRAAY, Dr El Hadji Abdourahmane Diouf, s’est vivement attaqué à la proposition de loi portée par l’Assemblée nationale.

Dans une publication, il met notamment en cause la majorité parlementaire ainsi que le président de l’institution, Ousmane Sonko, qu’il accuse de tenir un discours différent selon les interlocuteurs, particulièrement à l’égard des foyers religieux et des différentes couches de la société.

Pour le Dr Diouf, la récente tournée d’Ousmane Sonko dans plusieurs cités religieuses ne serait pas cohérente avec le contenu du texte soumis au Parlement. « Ce qu’il propose à l’Assemblée nationale n’a rien à voir avec ce qu’il est allé raconter à nos guides religieux ; et n’a surtout rien à voir avec la façon dont il a géré ses propres fonds politiques », affirme-t-il.

Il dénonce ainsi « un mélange manifeste de double discours et de double standard » et considère que cette pratique pose, selon lui, « un problème moral profond ».

Le ministre juge par ailleurs « rigoureusement inexact » de soutenir que la réforme envisagée par l’Assemblée nationale n’aurait aucune conséquence négative sur le soutien aux autorités religieuses.

Pour appuyer son argumentaire, El Hadji Abdourahmane Diouf compare les dispositions de la proposition de l’Assemblée nationale avec les amendements proposés par le pouvoir exécutif.

Il s’attarde notamment sur l’article 2 du texte parlementaire, qui réserve les crédits spéciaux « EXCLUSIVEMENT au financement des dépenses relatives à la défense nationale, la sécurité intérieure et extérieure de l’État et aux activités de renseignement ».

Selon lui, cette formulation constitue une « proposition de crédits anti-sociaux et anti-religieux », puisqu’elle ne permettrait pas de prendre en compte des formes de solidarité ou certaines situations de détresse sociale.

Il cite également l’article 5, qui prévoit que « sont exclues les dépenses à caractère social, les dépenses à caractère politique et les dépenses de fonctionnement courant des institutions ».

À l’inverse, le Dr Diouf se félicite des modifications proposées par le gouvernement. Selon lui, l’Exécutif « restaure le périmètre des dépenses couvertes » en ajoutant notamment la protection de l’ordre public, la préservation de l’ordre social, les intérêts fondamentaux de la Nation ainsi que « les valeurs humanitaires, d’entraide, de solidarité et de discrétion ».

Il résume sa lecture de la différence entre les deux textes en ces termes : « Là où la proposition de l’Assemblée nationale réduit les crédits spéciaux à une pure opération technique et froide de gestion, les amendements de l’Exécutif humanisent et socialisent l’utilisation des fonds en parfaite conformité avec nos traditions culturelles, sociales et religieuses. Là où l’Assemblée exclut, l’Exécutif inclut ».

Le superviseur général adjoint de KIIRAAY revient enfin sur la gestion antérieure des crédits spéciaux par Ousmane Sonko lorsqu’il était à la tête du gouvernement.

Il lui reproche d’avoir utilisé ses propres crédits sans réserve et estime que cette pratique entre en contradiction avec la réforme actuellement défendue par l’Assemblée nationale.

El Hadji Abdourahmane Diouf termine son intervention par une interpellation directe du président de l’Assemblée nationale : « Au président de l’Assemblée nationale, leader de la majorité désaxée, assumez votre discrimination de nos foyers religieux dans le fléchage des fonds politiques ! La République ! Rien que la République ! ».

laissez un commentaire