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Ibrahima Thiam alerte sur la banalisation de la xénophobie au Sénégal

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Le président du parti ACT, Ibrahima Thiam, met en garde contre la montée des discours xénophobes au Sénégal. Dans une tribune intitulée « Le Sénégal ne doit pas banaliser la xénophobie », il dénonce la multiplication des propos visant les Guinéens, les Libanais, les ressortissants des pays voisins et, plus largement, les étrangers vivant dans le pays.

Selon lui, ces discours se développent sur les réseaux sociaux, dans certains médias et dans le débat politique. Il s’inquiète particulièrement de leur banalisation et rejette toute assimilation de cette tendance à un regain de patriotisme.

« Le patriotisme consiste à aimer son pays, à défendre sa souveraineté et à améliorer le sort de ses citoyens, non à désigner des communautés comme responsables de nos difficultés », souligne-t-il. Pour le président d’ACT, les déceptions politiques ne doivent pas conduire à rechercher des boucs émissaires parmi les populations étrangères.

Ibrahima Thiam pointe également la responsabilité des médias dans ce phénomène. Il estime que certains propos qui devraient faire l’objet de contradictions sont parfois relayés comme de simples éléments du débat public, contribuant ainsi à leur banalisation.

Pour illustrer son engagement contre les discriminations, il évoque son expérience personnelle, après avoir vécu plus de trente ans hors du Sénégal. Il rappelle également le parcours de son père, qui a quitté la Gambie à l’âge de 14 ans pour s’installer au Sénégal et y fonder sa famille.

Le responsable politique souligne aussi que ses enfants, nés à l’étranger, sont fiers de leur nationalité sénégalaise. À ses yeux, cette histoire familiale montre que l’identité nationale ne se limite ni au lieu de naissance ni aux origines familiales, mais repose également sur l’attachement au pays, la culture et la volonté de contribuer à son avenir.

Le président d’ACT rappelle par ailleurs que le Sénégal est lui-même un pays d’émigration. Il estime que les Sénégalais vivant à l’étranger doivent pouvoir bénéficier de respect et de protection contre les discriminations, au même titre que les étrangers installés au Sénégal.

Évoquant les violences xénophobes en Afrique du Sud, Ibrahima Thiam met en garde contre les conséquences possibles de la stigmatisation des étrangers. « Une société ne bascule pas du jour au lendemain dans la violence. Les mots précèdent souvent les actes », avertit-il.

Le président d’ACT précise toutefois que la lutte contre la xénophobie ne remet pas en cause le droit de l’État à contrôler ses frontières, à faire respecter ses lois et à encadrer le séjour des étrangers. Il distingue ainsi la gestion souveraine des questions migratoires de la stigmatisation de populations en raison de leur origine.

« Savoir qui entre sur notre territoire ne nous oblige pas à abandonner notre humanité », affirme-t-il, en rappelant la place de la teranga dans l’histoire et les valeurs du Sénégal.

Enfin, Ibrahima Thiam estime que les difficultés économiques et sociales du pays, notamment le chômage, le coût de la vie, les inégalités et les défaillances des politiques publiques, ne peuvent être résolues en désignant des communautés étrangères comme responsables.

« Nous pouvons être profondément patriotes sans être xénophobes, et souverains sans devenir un pays du rejet de l’autre », conclut le président du parti ACT, qui appelle à préserver la tradition d’hospitalité du Sénégal.

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Par la rédaction

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