Le président du parti Rewmi, Idrissa Seck, a vivement critiqué la gestion du Sénégal par les nouvelles autorités lors d’un point de presse. Évoquant les difficultés économiques, les tensions sociales et les risques de blocage institutionnel, l’ancien Premier ministre a appelé à une mobilisation des forces vives de la nation pour, selon ses termes, « redonner la parole au peuple ».
Après une période de silence qu’il justifie par sa volonté de respecter le choix des Sénégalais et de laisser du temps aux nouvelles autorités, Idrissa Seck estime que le moment est venu de dresser un bilan de leur action. « Deux ans et demi correspondant à la moitié du mandat présidentiel me paraît suffisant pour faire la preuve de ce dont on est capable », a-t-il déclaré.
Le président de Rewmi a dressé un tableau particulièrement critique de la situation nationale. « Le Sénégal est aujourd’hui méconnaissable », a-t-il affirmé, évoquant notamment la dégradation des notes économiques du pays par les agences de notation.
Au-delà des difficultés économiques, l’ancien Premier ministre s’est inquiété de ce qu’il considère comme une fracture du tissu social. Il a dénoncé la montée des tensions dans le débat public, où les échanges d’idées seraient, selon lui, de plus en plus remplacés par des menaces et des insultes.
Idrissa Seck a notamment fustigé l’emploi de termes tels que « Kouluna » et « moutons » pour désigner des citoyens en fonction de leur appartenance politique. Il estime que ces pratiques portent atteinte au respect mutuel et à la cohésion nationale. Il a également exprimé des inquiétudes concernant l’image diplomatique du Sénégal, estimant que le pays pourrait ne pas avoir encore atteint le fond de ses difficultés.
Face à cette situation, le leader de Rewmi a salué la mobilisation de Sénégalais établis dans le pays et dans la diaspora, soulignant leur préoccupation face aux difficultés rencontrées par les populations et leur volonté de contribuer au redressement national.
Il a également mis en avant le rôle des jeunes et des femmes dans cette dynamique. Idrissa Seck appelle ainsi à la construction d’un « véritable cordon sanitaire contre le populisme trompeur », qu’il présente comme une menace pour l’avenir du Sénégal.
Pour l’ancien candidat à la présidentielle, la mobilisation doit réunir les différentes composantes de la société afin de restaurer la cohésion nationale, de répondre aux difficultés économiques et de renforcer le rayonnement international du pays.
Idrissa Seck a également insisté sur les risques liés à la situation institutionnelle. Selon lui, cette crise pourrait entraîner un blocage du fonctionnement du pays. « Plus grave que la crise économique est la crise institutionnelle qui menace de bloquer le pays », a-t-il soutenu.
Dans ce contexte, le président de Rewmi estime nécessaire de redonner la parole aux Sénégalais. « Le moment est venu de redonner la parole au peuple et de l’accompagner dans sa volonté clairement perceptible de mettre fin à l’aventure populiste », a-t-il déclaré. Il a appelé les forces politiques, la société civile, les syndicats, le secteur privé et les citoyens à prendre leurs responsabilités face aux défis auxquels le Sénégal est confronté.
Au terme de son intervention, Idrissa Seck a réaffirmé sa volonté de prendre part à cette dynamique aux côtés de ses partenaires. « Nous entendons y prendre toute notre part aux côtés de nos partenaires du Front pour la défense de la République », a-t-il conclu.
Cette sortie publique marque une nouvelle prise de position du président de Rewmi sur la situation nationale. Elle est caractérisée par de vives critiques à l’égard de la gestion des nouvelles autorités et un appel à la mobilisation autour des institutions, de la cohésion sociale et de l’avenir économique du Sénégal.


Laisser un commentaire