La « sauce Kiiraay »…Diomaye freine le rouleau compresseur du PASTEF

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L’illusion d’une hégémonie écrasante et durable du PASTEF (Parti des Patriotes Africains du Sénégal pour le Travail, l’Ethique etla Fraternité), formation politique qui s’était imposée comme un véritable rouleau compresseur électoral et idéologique, vacille désormais. Le lancement officiel de Kiiraay – Les Patriotes républicains par le président Bassirou Diomaye Faye est venu fissurer ce quasi-monopole de l’espace politique, créant une onde de choc au sommet de l’État et redessinant les rapports de force.

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Pendant des années, le PASTEF a capitalisé sur l’exclusivité de la rupture, du changement radical et de la légitimité patriotique, se hissant au rang de parti politique tout-puissant. En lançant sa propre structure sous la bannière du « bouclier » républicain, le chef de l’État conteste directement cette domination sans partage. La création de ce pôle concurrent prive le parti d’Ousmane Sonko de son statut de seul et unique véhicule de la transformation nationale, obligeant le mouvement à partager, pour la première fois, la lumière du souverainisme.

Cette mutation politique inédite découle de la prise d’indépendance de plus en plus marquée du palais présidentiel vis-à-vis de l’appareil originel du PASTEF. En actant cette émancipation, Bassirou Diomaye Faye détache le pouvoir exécutif de l’influence exclusive de son ancienne formation politique. Cette dynamique prive le parti patriotique de sa fusion totale avec l’appareil d’État, brisant le mythe d’une machine politique invincible et indissociable de la présidence de la République.

L’effet immédiat de cette redéfinition des équilibres se fait déjà sentir au sein des instances du PASTEF, confronté à une vague de démissions qui ébranle ses certitudes. Des responsables de coordinations locales, des cadres intermédiaires expérimentés et des figures influentes de la jeunesse choisissent publiquement de rendre leur carte pour rejoindre le sillage présidentiel. Cette saignée militante entame sérieusement la cohésion interne et la discipline de fer qui faisaient autrefois la légendaire force de frappe du parti.

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Pour ces militants et cadres démissionnaires, l’adhésion à Kiiraay représente un pont naturel, un compromis idéal dénué de tout sentiment de trahison envers les idéaux de départ. Attirés par la stature institutionnelle et la démarche pragmatique de la présidence, beaucoup privilégient désormais une gouvernance de consensus sous l’ombre protectrice du nouveau parti. Ils préfèrent nettement cette approche à la posture de confrontation parfois maintenue par l’aile la plus intransigeante des Patriotes.

Cependant, la force d’attraction de Kiiraay ne se limite pas à débaucher les déçus ou les pragmatiques du PASTEF. En structurant une vaste coalition d’obédience républicaine, la formation présidentielle tend ouvertement la main aux membres et anciens barons des partis politiques classiques tels que l’APR, le PDS ou le Parti Socialiste (PS). Ces futures alliances stratégiques permettent de bâtir un pôle centriste redoutable, capable de neutraliser la domination électorale absolue qu’exerçait le parti d’Ousmane Sonko.

Pour les cadres issus de ces formations traditionnelles, cette ouverture offre une opportunité inespérée de réintégration dans le nouveau jeu institutionnel. En absorbant ces acteurs dotés d’une forte expérience électorale et de solides bastions territoriaux, le mouvement de Bassirou Diomaye Faye consolide son maillage national. Surtout, cette stratégie efface progressivement la ligne de démarcation rigide entre l’ancien système et le nouveau, un clivage manichéen sur lequel le PASTEF avait pourtant bâti toute son hégémonie.

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Au-delà des manœuvres d’appareils, c’est l’électorat sénégalais lui-même qui pourrait être massivement tenté de goûter à la « sauce Kiiraay ». Après des années d’une rare intensité politique, une frange significative de la population, incluant la classe moyenne et les acteurs économiques, recherche activement la stabilité. Ce nouveau parti est perçu comme une alternative rassurante : il garantit la poursuite des grandes réformes de la Vision 2050, tout en assurant un climat de paix sociale délesté des tensions partisanes permanentes.

L’émergence de Kiiraay sur l’échiquier politique annonce la fin de l’hégémonie absolue du PASTEF, remettant fondamentalement en cause son statut de parti tout-puissant. Alors que la compétition se réorganise autour d’un pôle présidentiel rassembleur et d’un PASTEF contraint de repenser sa stratégie de conquête, l’ère de la domination unilatérale s’achève. L’avenir dira si cette fameuse « sauce Kiiraay » réussira à fusionner ces héritages politiques divers pour s’imposer durablement comme le nouveau centre de gravité du Sénégal.

 

La rédaction de Xibaaru

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