Lutte contre la pêche illégale : Fatou Diouf pointe les insuffisances logistiques de l’État

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Auditionnée devant la commission d’enquête parlementaire sur la gestion du secteur de la pêche, l’ancienne ministre des Pêches, des Infrastructures maritimes et portuaires, Fatou Diouf, a alerté sur les difficultés rencontrées par les services chargés de la surveillance maritime. Si elle revendique un assainissement du fichier des navires autorisés, elle déplore notamment le manque de carburant, de véhicules et de moyens nautiques pour lutter efficacement contre la pêche illégale.

Au cours de son audition, l’ancienne ministre est revenue sur les réformes engagées dès sa prise de fonction en 2024, notamment en matière de délivrance des licences et de contrôle des navires autorisés à exploiter les ressources halieutiques. Elle a rappelé que l’objectif était de disposer d’un fichier fiable permettant de connaître le nombre exact de navires autorisés et de vérifier leur conformité aux dispositions réglementaires.

Cette opération d’assainissement a permis de réduire progressivement le nombre de navires autorisés. Selon les chiffres présentés par Fatou Diouf, la flotte est passée de 132 unités à 122, avant d’atteindre 111 en juin 2026. Ces données concernent l’ensemble des flottes, y compris les navires étrangers et européens opérant dans le cadre des accords de pêche.

Cette diminution résulte, selon elle, d’un contrôle de la conformité juridique et technique des navires. Les unités inactives ou ne respectant plus les exigences réglementaires ont été retirées du fichier, notamment celles restées plus de 30 mois sans renouveler leur titre de pêche.

Pour l’ancienne ministre, cette démarche répond à une exigence de transparence et de protection des ressources halieutiques, qui appartiennent au peuple sénégalais et doivent être exploitées dans le respect de la légalité et de l’équité.

Mais si l’assainissement administratif constitue une avancée, la surveillance effective des eaux nationales reste confrontée à d’importantes difficultés. Fatou Diouf a notamment attiré l’attention des députés sur le manque de moyens matériels et financiers des services régionaux de contrôle.

De Dakar à Ziguinchor, en passant par Saint-Louis, Thiès et Mbour, les agents seraient confrontés à une insuffisance de véhicules de patrouille, à des pénuries récurrentes de carburant et à la vétusté des équipements nautiques. Une situation qui limite, selon elle, les capacités d’intervention des équipes sur le littoral et en haute mer.

L’ancienne ministre a également évoqué le renforcement de la coopération opérationnelle avec la Marine nationale et la gendarmerie maritime pour faire face à ces contraintes. Elle a par ailleurs souligné l’importance du système de suivi satellitaire des navires (VMS), qui permet de suivre leurs positions en temps réel. Toutefois, cet outil technologique ne peut remplacer la nécessité de disposer d’unités opérationnelles capables d’intervenir rapidement en mer lorsqu’une infraction est signalée.

La lutte contre la pêche illégale, non déclarée et non réglementée (INN) a également occupé une place importante dans son intervention. Fatou Diouf a plaidé pour un renforcement des contrôles et une meilleure coordination entre les directions techniques, la Marine nationale et les forces de sécurité.

Elle a aussi abordé la question du pavillon sénégalais et les exigences de conformité formulées par l’Union européenne. Les audits et la traçabilité des captures constituent, selon les éléments présentés lors de son audition, des conditions importantes pour répondre aux exigences communautaires et préserver la crédibilité du Sénégal sur le marché international.

Au terme de sa déposition, l’ancienne ministre a mis en avant la nécessité de restaurer la souveraineté maritime du Sénégal, de préserver les ressources halieutiques et de protéger les intérêts de la pêche artisanale, dans un contexte marqué par les difficultés de surveillance des eaux nationales.

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Par la rédaction

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