Macron face à une France en colère…un crépuscule qui rappelle celui de Macky

À l’approche de la fin de son second mandat, Emmanuel Macron traverse une période politique particulièrement agitée. Contestations sociales, colère des policiers, inquiétudes des pompiers et mobilisation des lycéens et des étudiants, le président français doit composer avec une accumulation de mécontentements qui fragilisent davantage son image. Devenu l’une des figures politiques les plus contestées du pays, il voit son dernier mandat prendre des allures de course contre la montre, dans un climat où les fractures sociales et la défiance envers les institutions restent profondes.

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Tout avait commencé, en novembre 2018, avec le mouvement des Gilets jaunes. Né de la contestation de la hausse des prix des carburants, ce mouvement spontané a rapidement dépassé sa revendication initiale pour dénoncer le coût de la vie, les inégalités fiscales et sociales ainsi que la politique du chef de l’État. Les blocages des routes, les occupations des ronds-points et les manifestations hebdomadaires ont installé un rapport de force durable entre le pouvoir et une partie de la population. Malgré le recul du gouvernement sur la fiscalité des carburants et les mesures d’urgence annoncées, cette crise a profondément marqué la présidence Macron.

La gestion des manifestations a également constitué l’un des points les plus sensibles de cette période. Les affrontements entre manifestants et forces de l’ordre, les blessures provoquées lors des opérations de maintien de l’ordre et les critiques visant l’utilisation de certaines armes policières ont nourri la controverse. Des organisations internationales et des associations de défense des droits humains ont exprimé leurs inquiétudes. Pour Emmanuel Macron, le défi ne se limitait plus à répondre aux revendications économiques : il s’agissait aussi de restaurer la confiance dans les institutions et de convaincre que l’autorité de l’État pouvait s’exercer sans alimenter davantage les tensions.

La colère ne s’est toutefois pas limitée aux Gilets jaunes. En janvier 2026, des milliers de policiers ont manifesté à l’appel du syndicat Alliance Police nationale pour dénoncer leurs conditions de travail, le manque d’effectifs et l’insuffisance des moyens. Selon les chiffres communiqués par le syndicat, plus de 45 000 personnes, policiers et civils confondus, ont participé aux rassemblements organisés dans le pays. Cette mobilisation a mis en évidence un paradoxe pour le pouvoir, les forces chargées de faire respecter l’ordre public dénoncent elles-mêmes une situation qu’elles jugent de plus en plus difficile. Pour eux, sans moyens supplémentaires, leur capacité à assurer la sécurité quotidienne pourrait se dégrader.

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Les pompiers ont, eux aussi, exprimé leur exaspération. En campant devant la tour Eiffel, ils ont voulu attirer l’attention sur la dangerosité de leur métier, les risques liés aux interventions et les insuffisances matérielles auxquelles ils disent être confrontés. Ils réclamaient notamment des recrutements, des véhicules supplémentaires et davantage de moyens aériens pour lutter contre les incendies. Leurs témoignages sur les conditions de travail dans les casernes et les risques sanitaires liés à l’exposition aux fumées renforcent l’impression d’un pays où plusieurs catégories professionnelles essentielles estiment ne plus disposer des ressources nécessaires pour accomplir leurs missions dans de bonnes conditions.

À cette contestation sociale s’ajoute, en septembre et octobre 2026, la mobilisation des lycéens, des étudiants et des personnels de l’Éducation nationale. Partie notamment de Guyane avant de s’étendre à plusieurs régions, elle dénonce le manque d’enseignants, la vétusté de certains établissements, les effectifs dans les classes et les difficultés liées aux conditions de scolarité. Les blocus et les manifestations ont parfois été marqués par des affrontements et des dégradations. L’usage de la force contre des jeunes, notamment des mineurs, suscite également des critiques et des demandes d’enquête. À quelques mois de l’élection présidentielle de 2027, cette mobilisation ajoute une nouvelle difficulté à un paysage politique déjà marqué par la défiance.

Cette succession de crises contribue à installer Emmanuel Macron dans une position inconfortable. Le chef de l’État français doit faire face à des contestations qui touchent aussi bien les catégories populaires que les agents publics, les forces de sécurité et la jeunesse. Son bilan est régulièrement remis en cause par ses opposants, tandis que les réponses gouvernementales peinent à éteindre durablement les foyers de mécontentement. Si les mobilisations ne poursuivent pas toutes les mêmes objectifs et ne relèvent pas d’une organisation commune, leur accumulation donne à son second mandat l’image d’une présidence sous pression permanente. La question n’est donc plus seulement celle de la gestion de chaque crise, mais celle de l’héritage politique qu’il laissera à l’issue de son passage à l’Élysée.

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Cette situation rappelle, à certains égards, la fin du mandat de Macky Sall au Sénégal. Lui aussi a vu son pouvoir confronté à une contestation politique et sociale intense, dans un climat marqué par des affrontements, des arrestations et des pertes en vies humaines. Les tensions liées à la situation politique, aux oppositions et aux échéances électorales ont profondément divisé le pays. Mais en France, les mouvements évoqués prennent des formes diverses, tandis qu’au Sénégal, la crise de fin de mandat de Macky Sall a notamment été marquée par une confrontation politique directe autour de la démocratie et du calendrier électoral. Dans les deux cas, cependant, la contestation a mis à l’épreuve la capacité du pouvoir à préserver la confiance des citoyens.

Emmanuel Macron doit encore achever son mandat dans un climat de contestation sociale persistante. Le président français, qui ne peut pas briguer un troisième mandat consécutif, se trouve désormais confronté à la question de son héritage et à la difficulté de terminer son quinquennat sans nouvelle crise majeure. Son crépuscule politique rappelle ainsi celui de l’ancien président sénégalais, sans que les deux trajectoires soient identiques. À Paris comme à Dakar, ces fins de mandat illustrent une même réalité : lorsque la défiance s’installe durablement, les décisions du pouvoir ne suffisent plus toujours à rétablir le lien avec une partie de la population.

La rédaction de Xibaaru

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