Pastef-Kiiraay…la bataille politique prend le pas sur les urgences du peuple

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Au Sénégal, l’espoir né de la transition politique s’effrite à mesure que le pays assiste à l’affrontement ouvert entre les deux anciens piliers du pouvoir. Depuis le limogeage d’Ousmane Sonko et son retour à l’Assemblée nationale, le schisme est consommé : d’un côté, un Pastef réorganisé autour de son leader historique, de l’autre, la formation Kiiraay-Les Patriotes Républicains portée par le président Bassirou Diomaye Faye. Cette guerre d’influence à haut niveau transforme la scène politique en un théâtre de manœuvres permanentes, au détriment direct de citoyens lassés par des luttes de pouvoir stériles.

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Alors que Pastef et Kiiraay usent de leur influence pour verrouiller l’appareil d’État et les institutions parlementaires, la population sénégalaise continue d’endurer un quotidien marqué par la précarité. La cherté de la vie, le manque d’opportunités pour la jeunesse et la stagnation des secteurs clés de l’économie exigent des réponses publiques immédiates. L’énergie et les ressources consacrées par ces deux camps à se neutraliser mutuellement représentent un gâchis considérable face à l’urgence sociale qui couve dans le pays.

Pour le président Bassirou Diomaye Faye et son parti Kiiraay, la stratégie actuelle comporte un piège. En calquant leur agenda sur les provocations de l’opposition et sur les offensives parlementaires de Pastef, l’exécutif se laisse enfermer dans une posture réactive. Gouverner sous la dictée du calendrier de ses adversaires et de ses anciens alliés empêche toute vision stratégique à long terme et fragilise directement l’autorité de la présidence.

Le chef de l’État et le mouvement Kiiraay doivent prendre conscience d’une réalité politique fondamentale : au terme de son mandat, la présidence sera jugée exclusivement sur ses réalisations tangibles. Si l’action gouvernementale reste paralysée par les blocages politiques et la gestion des crises politiciennes, le bilan présenté aux Sénégalais sera cruellement vide. La légitimité du pouvoir ne se mesurera pas au nombre de batailles parlementaires remportées, mais à l’amélioration du niveau de vie des ménages.

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De son côté, Pastef, désormais solidement ancré à la tête de l’Assemblée nationale sous la direction d’Ousmane Sonko, commet une erreur stratégique majeure en confondant rôle législatif et guerre de tranchées. En utilisant le Parlement comme un bastion d’opposition et de blocage contre le pouvoir exécutif, le parti au pouvoir s’éloigne de sa vocation première. Un grand parti responsable doit être un moteur de stabilité institutionnelle, non une source permanente de tensions au sommet de l’État.

Pastef doit comprendre que le Sénégal, en retard sur plusieurs indicateurs clés de développement, ne peut pas se payer le luxe d’une crise institutionnelle prolongée. Se poser en obstacle à l’action gouvernementale ou paralyser les projets de loi essentiels par simple calcul électoral revient à pénaliser directement la nation. Le parti d’Ousmane Sonko a le devoir d’évoluer vers une posture de solutions et de propositions constructives pour débloquer les chantiers prioritaires du pays.

Cette division béante entre le sommet de l’Exécutif et la présidence de l’Assemblée nationale crée un climat d’instabilité préjudiciable à l’ensemble du tissu socio-économique. Les investisseurs retiennent leurs capitaux, l’administration tourne au ralenti et la confiance des citoyens s’effrite. Le Sénégal a besoin d’institutions qui fonctionnent en synergie, et non de deux formations politiques majeures occupées à mesurer leur rapport de force quotidien.IMG 20230512 WA0073

Il est désormais urgent pour le président Diomaye d’imposer son autorité d’État et de replacer l’intérêt supérieur de la nation au-dessus des querelles de chapelle. Cela implique d’exiger de Kiiraay un recentrage absolu sur l’action publique et d’établir un dialogue institutionnel ferme mais exigeant avec la majorité parlementaire de Pastef, afin de remettre le pays en ordre de marche.

Le Sénégal n’a pas besoin de rivaux occupés à régler leurs comptes au sommet de l’État, mais de dirigeants capables d’action collective. Si Pastef et Kiiraay persistent dans cette politique de haute voltige au mépris des attentes populaires, la sanction des urnes sera sans appel. L’heure n’est plus à la conquête ou à la préservation des appareils de pouvoir, mais à la délivrance des résultats que la population attend légitimement.

La rédaction de Xibaaru

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