Soupçons d’utilisation de l’IA : Les Éditions du Boréal rompent avec Thélyson Orélien

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Les Éditions du Boréal ont annoncé, mercredi, la fin de leur collaboration avec l’écrivain Thélyson Orélien, après avoir relevé des indices d’utilisation de l’intelligence artificielle dans le processus d’écriture de son roman C’était ça ou mourir. La maison d’édition canadienne a également décidé de ne pas réimprimer l’ouvrage et de ne publier aucun autre livre de l’auteur.

Dans un communiqué, l’éditeur explique avoir découvert des éléments remettant en question les assurances répétées de Thélyson Orélien, qui avait affirmé ne jamais avoir eu recours à l’intelligence artificielle pour écrire son roman. « En conséquence, Boréal ne réimprimera pas le roman et ne publiera pas d’autres livres de Thélyson Orélien », précise la maison d’édition.

Cette décision marque un revirement par rapport à la position défendue une semaine auparavant. À cette époque, Boréal avait indiqué vouloir maintenir le livre dans les librairies, malgré l’absence de preuves permettant de confirmer les accusations d’utilisation de l’IA. L’auteur avait alors promis de constituer un dossier retraçant son processus de création afin de démontrer qu’il n’avait pas utilisé cette technologie, sans toutefois parvenir à fournir des éléments jugés tangibles pour trancher la controverse.

Face à cette situation, l’éditeur affirme avoir rassemblé les différentes versions de travail du roman et commandé une analyse externe approfondie. Celle-ci aurait révélé « des traces de balises d’IA dans les métadonnées de certains documents ».

Ces éléments techniques peuvent notamment être associés à des marqueurs intégrés par certains modèles d’intelligence artificielle dans les contenus qu’ils génèrent. Toutefois, Boréal reconnaît ne pas être en mesure de déterminer précisément dans quelle mesure cette technologie a été utilisée dans la création du roman.

« Nous ignorons toujours dans quelle mesure l’IA a été utilisée dans la création de C’était ça ou mourir, et sans doute n’aurons-nous jamais de réponse définitive à cet égard. Pour nous, la question fondamentale est celle de la confiance entre auteurs et éditeurs », indique la maison d’édition.

Boréal justifie ainsi sa décision par la rupture de confiance avec l’écrivain. « Nous ne pouvons pas, dans ces circonstances, poursuivre notre collaboration professionnelle », ajoute le communiqué, qui qualifie de « démentie » l’affirmation de Thélyson Orélien selon laquelle il n’aurait jamais utilisé l’IA pour écrire son roman.

La maison d’édition précise par ailleurs rester en étroite communication avec les 26 maisons d’édition étrangères ayant acquis les droits de l’ouvrage. Elle affirme leur transmettre les informations dont elle dispose depuis le début de la controverse.

Au-delà de ce cas, les Éditions du Boréal entendent participer à une réflexion collective sur la place de l’intelligence artificielle dans la création littéraire. Le 14 octobre, Renaud Roussel, codirecteur général de la maison, avait plaidé pour l’établissement de règles plus précises concernant l’utilisation de ces outils par les auteurs.

Il avait notamment insisté sur la transparence, indiquant que les écrivains seraient invités à préciser s’ils utilisent l’IA et dans quelles conditions. Selon cette orientation, certaines utilisations limitées, comme l’outil de recherche, pourraient être acceptées, tandis que le style, la structure et le langage devraient rester sous le contrôle de l’auteur.

Malgré cette rupture, C’était ça ou mourir figurait encore, au moment de la publication des informations, parmi les neuf ouvrages de la deuxième sélection du prix Renaudot. Les finalistes devaient être annoncés le 28 octobre. En France, Grasset, qui publie le roman, n’avait pas encore réagi aux nouvelles révélations de Boréal.

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Par la rédaction

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