Hausse des prix du carburant : Les cadres de l’AFP interpellent le gouvernement sur la soutenabilité des mesures
L’Alliance Nationale des Cadres du Progrès (ANCP) de l’Alliance des Forces de Progrès (AFP) réagit à la hausse des prix du carburant entrée en vigueur le 15 août 2026. Réunis à Dakar sous la présidence du Secrétaire général de l’AFP, Mbaye Dione, les cadres progressistes mettent en garde contre les effets de cette décision sur le pouvoir d’achat et s’interrogent sur la soutenabilité de la politique économique du gouvernement.
La hausse des prix du carburant continue de susciter des réactions dans la classe politique sénégalaise. Après l’entrée en vigueur, le 15 août, de nouveaux tarifs portant le prix du supercarburant de 920 à 990 FCFA le litre et celui du gasoil de 680 à 755 FCFA, l’Alliance Nationale des Cadres du Progrès (ANCP) de l’AFP a livré sa lecture de la situation.
Réunis samedi à la permanence nationale de l’Alliance des Forces de Progrès, à Sacré-Cœur 1, les cadres du parti ont consacré une partie de leurs travaux à l’évolution de la situation économique et aux conséquences de ce nouvel ajustement des prix des hydrocarbures. La rencontre s’est tenue en présence du Secrétaire général de l’AFP, le député-maire Mbaye Dione.
Dans leur déclaration, les cadres progressistes rappellent que cette nouvelle hausse intervient moins de neuf mois après la baisse des prix décidée par le gouvernement le 6 décembre 2025. À cette date, les prix des carburants automobiles avaient été réduits dans les mêmes proportions que les augmentations actuellement appliquées.
Pour l’ANCP, cette évolution pose la question de la cohérence et de la soutenabilité des politiques publiques. Les cadres de l’AFP estiment que les décisions relatives aux prix des hydrocarbures doivent tenir compte à la fois de l’évolution des cours internationaux et des capacités financières de l’État.
Au-delà de la seule question des prix à la pompe, l’organisation s’interroge sur les conséquences de ces ajustements sur la mise en œuvre des politiques économiques et sociales du gouvernement, notamment le Plan de Redressement Économique et Social (PRES).
Les cadres progressistes reviennent également sur les déclarations antérieures de l’ancien Premier ministre Ousmane Sonko, aujourd’hui président de l’Assemblée nationale, qui avait évoqué devant les députés la forte dépendance de l’économie sénégalaise aux fluctuations des prix des hydrocarbures. Selon l’ANCP, cette position préparait déjà l’opinion à la perspective d’une augmentation des prix.
Pour les responsables de l’AFP, l’ajustement intervenu le 15 août ne saurait toutefois être analysé uniquement sous l’angle d’un changement d’équipe gouvernementale. Ils y voient plutôt l’illustration des limites d’une politique de soutien généralisé des prix lorsqu’elle n’est pas suffisamment adossée aux ressources disponibles et à une stratégie financière soutenable.
L’ANCP estime ainsi que la protection du pouvoir d’achat ne peut reposer durablement sur des mécanismes de baisse des prix dont le financement ne serait pas suffisamment garanti. Les cadres progressistes plaident, à cet égard, pour davantage de transparence dans les choix économiques et pour une anticipation plus importante des chocs extérieurs.
Dans cette perspective, l’organisation préconise une meilleure maîtrise des dépenses publiques et des mécanismes de subvention. Elle recommande également la mise en place de dispositifs de protection davantage ciblés en faveur des ménages les plus vulnérables et des secteurs les plus exposés à la hausse du coût de la vie.
Sur le plan énergétique, l’ANCP appelle à réduire progressivement la vulnérabilité du Sénégal aux fluctuations des cours internationaux. Elle préconise notamment une accélération de la valorisation des ressources nationales en hydrocarbures, parallèlement au développement des énergies renouvelables.
Les cadres de l’AFP souhaitent également que la politique économique soit davantage orientée vers la production nationale, l’investissement, la création d’emplois et l’amélioration de la compétitivité des entreprises sénégalaises.
À travers cette déclaration, l’ANCP entend donc placer la question du carburant dans une réflexion plus large sur la gestion des finances publiques et la politique économique du Sénégal. L’organisation invite les pouvoirs publics à privilégier une approche fondée, selon elle, sur la responsabilité, la transparence et l’anticipation.
Elle appelle enfin le gouvernement à faire de la préservation du pouvoir d’achat, de la stabilité économique et de l’intérêt général des priorités constantes de l’action publique, alors que la nouvelle hausse des prix des carburants intervient dans un contexte déjà marqué par les préoccupations liées au coût de la vie.