ONU : Le Forum de Crans Montana plaide pour un leadership fort et met en avant Macky Sall
Alors que s’intensifie le processus de désignation du prochain Secrétaire général des Nations unies, une contribution du CMF Forum de Crans Montana et de la World Diplomatic Academy appelle à privilégier l’expérience, l’autorité politique et la capacité de médiation plutôt que les seuls critères de genre ou d’origine géographique. Le document présente la candidature de l’ancien président sénégalais Macky Sall comme particulièrement adaptée aux défis actuels de l’Organisation.
D’emblée, le communiqué reconnaît la légitimité des attentes en faveur de l’élection d’une femme ou d’un candidat originaire d’Amérique latine. Mais il met en garde contre une sélection qui ferait de ces considérations les principaux critères du choix. « Ce n’est ni en fonction du genre d’un candidat ni en fonction de son origine géographique que l’on peut véritablement apprécier les qualités de la personnalité dont les Nations unies ont aujourd’hui besoin », soutient le document.
Pour les auteurs, le poste de Secrétaire général ne saurait être considéré comme une simple fonction attribuée au gré d’une logique de rotation entre régions. « Le Secrétariat général des Nations unies n’est ni une récompense géographique ni un symbole à attribuer selon un mécanisme de rotation », affirment-ils. La fonction exige, selon eux, une stature permettant à son titulaire d’incarner l’universalité de l’Organisation tout en disposant de l’autorité nécessaire pour agir et être entendu.
Cette exigence est d’autant plus importante, estime le communiqué, que les Nations unies traversent une période particulièrement difficile. L’Organisation serait confrontée à une crise profonde, marquée notamment par la contestation de son autorité, les rivalités entre grandes puissances, la multiplication des conflits et l’affaiblissement de la diplomatie multilatérale. « La diplomatie multilatérale s’affaiblit précisément au moment où le monde en aurait le plus besoin », relève le document.
Dans ce contexte, le prochain Secrétaire général ne pourrait se limiter, selon le Forum de Crans Montana et la World Diplomatic Academy, à un rôle administratif. Il devrait être « une personnalité politique de tout premier plan », capable de dialoguer avec les chefs d’État et de gouvernement, de rapprocher des dirigeants et de résister, lorsque cela est nécessaire, aux pressions des puissants.
Le document insiste ainsi sur la nécessité d’une personnalité disposant d’une autorité reconnue, d’une expérience directe de l’exercice du pouvoir et d’une connaissance des réalités politiques, économiques et humaines internationales. « Il faut aussi de l’audace, du charisme et cet indispensable entregent qui permet de créer la confiance entre des interlocuteurs que tout oppose », souligne-t-il.
C’est dans cette perspective que la candidature de Macky Sall est particulièrement mise en avant. « À cet égard, la candidature de Macky Sall se distingue avec une force particulière », affirme le communiqué. L’ancien président du Sénégal est présenté comme disposant d’une expérience concrète du pouvoir, de la décision et du dialogue avec les dirigeants internationaux.
Le document met également en avant son passage à la présidence de l’Union africaine. Selon ses auteurs, Macky Sall y a œuvré à des rapprochements, défendu les intérêts du continent sur la scène internationale et contribué à maintenir des voies de dialogue dans des situations difficiles. Son expérience et son réseau sont présentés comme dépassant largement les frontières africaines.
Pour le Forum de Crans Montana et la World Diplomatic Academy, son éventuelle désignation ne constituerait donc pas simplement un choix en faveur de l’Afrique. « Choisir Macky Sall ne signifiera donc pas privilégier une région au détriment d’une autre », estime le document, qui y voit plutôt le choix d’une personnalité issue du Sud global et disposant d’une « stature véritablement internationale ».
Le communiqué oppose ainsi une logique fondée sur l’expérience et les capacités personnelles aux critères de quotas ou d’alternance géographique. « La question n’est donc pas de savoir si le prochain Secrétaire général doit être un homme ou une femme, un Africain ou un Latino-Américain », indique-t-il. L’enjeu serait plutôt d’identifier la personnalité disposant de « la stature, la liberté d’action et la volonté nécessaires » pour restaurer l’influence et la crédibilité des Nations unies.
Le document appelle les États appelés à participer au choix du prochain Secrétaire général à mesurer la portée historique de leur décision. « Leur choix va dépasser de très loin les équilibres diplomatiques, les préférences régionales ou les considérations de circonstance », affirme-t-il.
Face aux crises et aux tensions qui traversent le monde, les auteurs les invitent à choisir une personnalité capable de « servir activement la paix, de restaurer le dialogue et de défendre le droit international ». Selon eux, un choix insuffisamment ambitieux pourrait contribuer à l’effacement progressif de l’Organisation.
Dans cette contribution, le Forum de Crans Montana et la World Diplomatic Academy défendent ainsi une conception du prochain Secrétaire général fondée avant tout sur le leadership, l’expérience politique, la capacité de médiation et l’autorité internationale. Et, au terme de leur argumentaire, ils estiment que « parmi les candidatures en présence, Macky Sall apparaît comme celui qui réunit le plus clairement l’expérience, l’autorité et la dimension politique nécessaires à cette mission historique ».