Fonds spéciaux : Ousmane Sonko réclame plus de transparence dans la gestion des ressources de la Présidence et de la Primature
Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, plaide pour un renforcement du contrôle parlementaire sur les fonds spéciaux de la Présidence et de la Primature. Sans remettre en cause l’existence de ces ressources, il demande davantage de transparence et d’explications sur certains mouvements financiers, notamment une opération de plus de 3 milliards de FCFA qu’il affirme avoir constatée au niveau de la Primature.
Ousmane Sonko veut davantage de lumière sur la gestion des fonds spéciaux de la Présidence et de la Primature. Lors d’un entretien accordé à plusieurs médias sénégalais, le président de l’Assemblée nationale a estimé que le Parlement devait pleinement exercer son rôle de contrôle afin de garantir une meilleure traçabilité de ces ressources publiques.
Revenant sur la situation financière constatée à l’arrivée du nouveau pouvoir, Ousmane Sonko affirme que la Présidence disposait d’un solde de plus de 7 milliards de FCFA, mais que cette enveloppe aurait été largement consommée avant l’arrivée du président Bassirou Diomaye Faye. « La Présidence avait au fond 7 milliards et plus. Quand le président est arrivé, son prédécesseur avait tout vidé », affirme-t-il.
L’ancien Premier ministre dit avoir constaté une situation comparable au niveau de la Primature. Pour autant, il précise que son objectif n’est pas de supprimer ces fonds, dont il reconnaît la nécessité pour certaines dépenses sensibles de l’État. « Je ne demande pas la suppression, mais la transparence », insiste-t-il.
Ousmane Sonko évoque également un mouvement financier de plus de 3 milliards de FCFA intervenu, selon lui, entre mars et avril sur le compte des fonds de la Primature. « Entre mars et avril, ils ont pompé plus de 3 milliards sur le compte des fonds de la Primature », affirme-t-il, estimant que cette opération nécessite des explications.
Le président de l’Assemblée nationale explique avoir cherché à comprendre les circonstances de ces mouvements. Selon son récit, l’ancien responsable concerné l’aurait renvoyé vers l’actuel ministre des Finances et du Budget, Cheikh Diba. « On a demandé à l’ancien DG, qui nous a dit de poser la question à l’actuel ministre des Finances, Cheikh Diba. Je l’ai appelé, mais depuis, il ne m’a pas donné les explications », rapporte-t-il.
Dans son intervention, Ousmane Sonko a également livré plusieurs chiffres relatifs aux fonds de la Primature sur différentes années. Il évoque notamment 2,960 milliards de FCFA en 2012, 1,930 milliard en 2013, 540 millions en 2014, puis 2,028 milliards en 2015 et 2,772 milliards en 2016. Les montants cités sont de 2,502 milliards en 2017, 2,190 milliards en 2018, 2,060 milliards en 2019 et 5,745 milliards en 2020. Il avance ensuite 1,450 milliard en 2021, 1,225 milliard en 2022, 1,122 milliard en 2023, 1,150 milliard en 2024 et 1,870 milliard pour 2026.
Ces chiffres, avancés par Ousmane Sonko, appellent toutefois à être confrontés aux documents budgétaires et aux données officielles afin d’en vérifier la nature, la période et les modalités de calcul.
Pour le président de l’Assemblée nationale, l’enjeu dépasse ainsi le seul mouvement financier de plus de 3 milliards qu’il évoque. Il s’agit, selon lui, de permettre au Parlement de contrôler les mécanismes financiers de l’État et d’obtenir des explications lorsque des opérations importantes sont constatées.
Ousmane Sonko annonce d’ailleurs l’examen prochain d’une nouvelle proposition concernant ces fonds. « Une deuxième proposition, certainement d’ici les cinq prochaines réunions, le bureau de l’Assemblée nationale va l’examiner », indique-t-il.
Le président de l’Assemblée nationale réaffirme ainsi sa volonté de maintenir les fonds spéciaux tout en renforçant les mécanismes de contrôle. Pour lui, la confidentialité qui peut entourer certaines dépenses ne doit pas être synonyme d’absence de reddition de comptes.
« Je ne demande pas la suppression, mais la transparence », répète Ousmane Sonko, tout en demandant des éclaircissements sur les mouvements financiers qu’il affirme avoir constatés au niveau de la Primature.