Sonko relativise les annonces de la Banque mondiale et défend le bilan de son passage à la Primature

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Ousmane Sonko conteste l’idée selon laquelle les résultats récemment annoncés par la Banque mondiale seraient exclusivement liés à l’action du pouvoir actuel. L’ancien Premier ministre affirme que les discussions avec l’institution financière étaient déjà engagées lorsqu’il dirigeait le gouvernement et estime que les projets aujourd’hui mis en avant étaient pour la plupart déjà en préparation.

Ousmane Sonko a tenu à relativiser la portée des annonces récemment faites autour de la coopération entre le Sénégal et la Banque mondiale. Selon lui, les relations avec l’institution financière internationale n’ont jamais été interrompues durant son passage à la Primature.

« La Banque mondiale n’est jamais partie. Je les ai reçus deux fois en tant que Premier ministre. Nous avions déjà discuté de tout cela », soutient-il.

Le leader de Pastef estime ainsi que les projets aujourd’hui présentés comme des avancées du pouvoir actuel étaient déjà sur les rails et avaient fait l’objet de discussions avec son gouvernement. Il affirme que les échanges portaient notamment sur leur éventuelle réorientation afin de les adapter aux priorités nationales.

« Aujourd’hui, ils annoncent les résultats en grande pompe. La Banque finance des projets et nous en avions déjà parlé, notamment pour leur réorientation par rapport à nos priorités », explique-t-il.

Pour Ousmane Sonko, l’action du régime actuel ne doit par ailleurs pas être évaluée uniquement à travers la réalisation de grands projets d’infrastructures. Il estime que la priorité du mandat est ailleurs, notamment dans la correction des conséquences de la gestion précédente.

« Le mandat n’est pas le mandat des grands chantiers. Il s’agit de réparer les dégâts et le bilan immatériel, les problèmes de justice et de transparence », affirme-t-il.

L’ancien Premier ministre cite également la question de la dette parmi les principaux dossiers auxquels le pouvoir doit s’attaquer. Il revient notamment sur ce qu’il qualifie de « dette cachée », qu’il considère comme une « dette odieuse », et qu’il présente comme l’un des enjeux majeurs de la refondation qu’il appelle de ses vœux.

Ousmane Sonko aborde également les tensions qui ont marqué ses relations avec le président Bassirou Diomaye Faye. Il rejette notamment l’idée selon laquelle il serait à l’origine des blocages actuels au sommet de l’État. « On a dit à Diomaye que c’est moi qui le bloquais. S’il veut coûte que coûte prendre certaines décisions, il fera avec le FMI des choses qui ne seront pas un avantage pour les populations », prévient-il.

Le leader de Pastef critique par ailleurs l’influence qu’exerceraient, selon lui, certains technocrates dans la conduite actuelle des affaires publiques. « Il s’est enfermé avec des technocrates qui sont pour la plupart à l’origine des maux du système », déplore-t-il.

Ousmane Sonko récuse enfin toute responsabilité dans les difficultés auxquelles le pouvoir est actuellement confronté, en rappelant son départ de la Primature. « Si c’était moi le blocage, je suis parti il y a trois mois. Ils n’ont rien fait », lance-t-il.

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