Foncier : Ousmane Sonko défend les commissions d’enquête et dénonce des irrégularités

Le Premier ministre
0

Le président de l’Assemblée nationale, Ousmane Sonko, défend la mise en place de commissions d’enquête parlementaire consacrées notamment aux questions foncières. Dans un entretien accordé à quatre médias sénégalais, il affirme que ces commissions disposent des prérogatives nécessaires pour aller au fond des dossiers et assure qu’aucun responsable, y compris au sein de Pastef, ne sera protégé.

Ousmane Sonko affirme avoir pris ses responsabilités en tant que président de l’Assemblée nationale pour permettre au Parlement de mieux examiner les dossiers liés au foncier. « J’ai pris mes responsabilités en tant que président pour deux commissions, afin de bien traiter les questions foncières », explique-t-il.

Le leader de Pastef porte également de graves accusations sur la régularité de nombreux lotissements réalisés au Sénégal. Selon lui, une grande partie de ces opérations ne respecterait pas les dispositions légales. « Tous ces lotissements ne respectent pas la loi à 90 % », affirme-t-il, évoquant notamment des opérations qui auraient, selon lui, été accélérées après son départ de la Primature.

« Quand je suis parti, ils ont pris une mainlevée totale et ont commencé à partager », dénonce-t-il, sans toutefois détailler les dossiers auxquels il fait précisément référence.

Le président de l’Assemblée nationale évoque également le cas du Hangar des pèlerins ainsi que d’autres sites qui feraient l’objet de rapports. Il affirme disposer de documents susceptibles d’éclairer les investigations parlementaires. « Je sais qu’il y a d’autres enjeux et qu’ils veulent attribuer ces terrains. Heureusement que j’avais les rapports », soutient-il.

Selon Ousmane Sonko, les commissions d’enquête disposent de pouvoirs suffisamment étendus pour auditionner les personnes concernées, y compris des acteurs privés, obtenir des informations par voie de réquisition et, lorsque les éléments recueillis le justifient, saisir le procureur.

Il dénonce par ailleurs les conséquences sociales de certains morcellements fonciers sur les populations. « Ce n’est pas facile d’habiter un endroit et, à un moment, de le voir morcelé pour d’autres, souvent des politiciens avec des prête-noms et des étrangers, sans même laisser une aire de jeu. Les habitants sont entièrement lésés », déplore-t-il.

Ousmane Sonko affirme également que des pressions seraient exercées pour entraver le travail des commissions d’enquête. « Il y a aujourd’hui des lobbies qui veulent saisir la justice pour que les commissions d’enquête soient dissoutes. Il y a une société civile encagoulée qui veut protéger de gros bonnets », accuse-t-il.

Face à ces résistances qu’il dénonce, le président de l’Assemblée nationale estime que le Parlement doit poursuivre ses investigations, aussi bien sur le foncier que sur d’autres secteurs susceptibles de présenter des irrégularités. Il cite notamment le patrimoine bâti et les dossiers relatifs aux remises et exonérations fiscales.

L’objectif affiché est de mettre fin à ce qu’il qualifie de « copinage » dans la gestion des affaires publiques. Ousmane Sonko évoque également d’autres dossiers, dont le programme « Un étudiant, un ordinateur », qui pourraient faire l’objet d’investigations parlementaires.

Le président de l’Assemblée nationale assure enfin que ces enquêtes ne visent pas à protéger certains responsables ou à régler des comptes politiques. « Dans toutes ces enquêtes, nous ne protégeons personne, fût-il de Pastef », affirme-t-il.

laissez un commentaire