Fonds politiques : Abdoulaye Baldé plaide pour une gestion plus transparente
La polémique autour des fonds politiques continue d’alimenter le débat public au Sénégal. Ancien secrétaire général de la présidence de la République et président de l’UCS Mboloo, Abdoulaye Baldé estime que l’existence de ces ressources répond à certaines nécessités de l’État, notamment en matière de sécurité nationale. Il appelle toutefois à repenser leur gestion afin de renforcer la transparence et la confiance dans les institutions.
Le débat sur les fonds politiques ne semble pas près de s’essouffler. Invité à s’exprimer sur la question, Abdoulaye Baldé a choisi de déplacer le curseur : pour lui, la question essentielle n’est pas tant l’existence de ces ressources que les conditions dans lesquelles elles sont gérées.
Fort de son expérience au sommet de l’administration présidentielle, l’ancien secrétaire général de la présidence affirme que les fonds politiques existent dans de nombreux États et répondent à des besoins particuliers liés au fonctionnement de l’État.
Abdoulaye Baldé considère que certaines dépenses publiques ne peuvent être traitées comme des dépenses ordinaires. Il évoque notamment les questions liées à la sécurité nationale, au renseignement et à certaines situations nécessitant de préserver la confidentialité.
Selon lui, une partie des ressources peut faire l’objet de justification et de transparence, tandis que d’autres dépenses, en raison de leur caractère sensible, ne peuvent être détaillées publiquement.
L’ancien responsable de la présidence estime ainsi qu’il existe des dépenses qui, par nature, doivent rester couvertes par une certaine confidentialité. Une exigence qu’il présente comme inhérente à l’exercice de certaines responsabilités étatiques.
Pour le leader de l’UCS Mboloo, le débat gagnerait donc à dépasser l’opposition entre ceux qui défendent l’existence des fonds politiques et ceux qui souhaitent leur disparition. La véritable question serait plutôt celle de leur encadrement et de leur gestion.
Abdoulaye Baldé plaide ainsi pour un mécanisme permettant de concilier deux impératifs : préserver la capacité d’action des autorités lorsqu’elles sont confrontées à des situations sensibles et garantir, dans le même temps, un niveau de reddition des comptes compatible avec les exigences de bonne gouvernance.
Cette position repose sur un principe d’équilibre. D’un côté, certaines dépenses liées aux intérêts stratégiques de l’État ne pourraient, selon lui, être exposées dans le détail. De l’autre, l’absence totale de mécanismes de contrôle pourrait alimenter les soupçons et fragiliser la confiance des citoyens.
L’ancien secrétaire général de la présidence appelle donc à réfléchir à des mécanismes de contrôle adaptés à la nature particulière de ces ressources. L’objectif serait de permettre une forme de reddition des comptes sans contraindre l’État à divulguer des informations susceptibles de compromettre ses intérêts ou ses opérations sensibles.