Parti socialiste : Les initiateurs de « Dundal PS » durcissent le ton contre la direction
Dans un communiqué publié le 18 août 2026, les initiateurs du Manifeste « Dundal PS – Faire revivre le PS » dénoncent l’absence d’avancées après les tentatives de médiation engagées avec la direction du Parti socialiste. Ils accusent la Secrétaire générale de poursuivre des pratiques contraires, selon eux, aux exigences de rassemblement et de reconstruction du parti.
La crise interne au Parti socialiste (PS) semble connaître un nouvel épisode de tension. Les initiateurs du Manifeste « Dundal PS – Faire revivre le PS » ont exprimé, dans un communiqué rendu public mardi 18 août, leur profond désaccord avec la direction actuelle de la formation politique.
À l’origine, des personnalités préoccupées par l’avenir du PS avaient entrepris une démarche de médiation auprès de la Secrétaire générale, afin de favoriser le rassemblement, l’unité et la cohésion au sein du parti. Les initiateurs de « Dundal PS » affirment avoir accueilli favorablement cette initiative et suspendu leurs activités ainsi que leurs prises de parole publiques, dans l’espoir de permettre au dialogue d’aboutir.
Une délégation du mouvement avait ainsi rencontré la Secrétaire générale à sa résidence, en présence des facilitateurs. Mais, selon les contestataires, les engagements pris lors de cette rencontre n’auraient connu « aucun commencement d’exécution ».
Pour étayer leur position, les initiateurs de « Dundal PS » mettent en avant cinq faits récents qu’ils considèrent comme révélateurs du maintien des pratiques qu’ils dénoncent.
Ils évoquent notamment la constitution, à Dakar à la mi-juillet, du Réseau des femmes socialistes du Sénégal, avec l’accompagnement de la Global Progress Foundation. Selon eux, des militantes proches du Manifeste « Dundal PS » auraient été écartées de cette initiative.
Ils dénoncent également les tensions qui auraient entouré la commémoration du septième anniversaire de la disparition d’Ousmane Tanor Dieng, affirmant que des tentatives auraient été menées pour empêcher le Secrétaire général légitime du PS dans le département de Dakar de conduire les cérémonies.
Autre sujet de discorde : la convocation du Bureau politique. Les initiateurs du Manifeste contestent les conditions dans lesquelles cette instance serait convoquée, estimant que les décisions ne procèdent plus des délibérations régulières du Secrétariat exécutif national, mais d’un « cercle restreint » réuni autour de la Secrétaire générale.
Ils critiquent notamment la fixation successive des dates du 8 puis du 22 août 2026, estimant que cette dernière échéance ne tient pas suffisamment compte des activités religieuses liées au Mawlid et de la préparation du rapport de la Commission de relance.
Le communiqué revient également sur une réunion tenue le 6 août sous la présidence de la Secrétaire générale. Les initiateurs de « Dundal PS » affirment que cette rencontre aurait débouché sur la poursuite d’une procédure disciplinaire visant les promoteurs du Manifeste.
Ils dénoncent notamment la création d’une commission de discipline et la désignation de ses membres, qu’ils considèrent comme « illégitime et illégale ».
Les signataires préviennent que la convocation de l’un des initiateurs ou signataires du Manifeste devant cette commission serait considérée comme un « casus belli ». Une formule qui traduit le niveau de tension atteint au sein de la formation socialiste.
Le différend s’étend également à l’organisation de la célébration à Dakar des 50 ans de présence de l’Internationale socialiste en Afrique. Les initiateurs de « Dundal PS » reprochent à la Secrétaire générale de s’être opposée à la présence de certains promoteurs du Manifeste au sein du Comité national d’organisation, alors que celui-ci aurait été conçu comme une structure inclusive rassemblant différentes compétences et sensibilités.
Malgré la virulence de leurs critiques, les initiateurs du Manifeste assurent ne pas vouloir provoquer une scission du Parti socialiste. Ils présentent leur démarche comme une entreprise de reconstruction destinée à préserver l’héritage historique de la formation politique.
« Dundal PS n’est ni une faction ni le prélude d’une fracture », affirment-ils, avant de rappeler leur volonté de « ranimer les structures régulières », d’aller à la rencontre des militants dans les différentes localités et de porter publiquement un message de renouveau.
Les signataires revendiquent ainsi une démarche inscrite dans la continuité historique du PS, citant explicitement Léopold Sédar Senghor, Abdou Diouf et Ousmane Tanor Dieng comme figures auxquelles ils disent vouloir rester fidèles.
Tout en accusant la direction de s’enliser dans « l’animation d’un clan », les initiateurs de « Dundal PS » affirment que la porte du dialogue demeure ouverte. Ils estiment que le Parti socialiste doit retrouver une dynamique politique à l’approche de prochaines échéances électorales et appellent à une reprise du dialogue « franc et sincère ».